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8 MAI 1945

8 MAI 1945

Introduction

Soixante ans aprs le drame, lAmbassade de France en Algrie a inform le monde que la Rpublique reconnat dsormais les massacres qui eurent lieu le 8 mai 1945 Stif, Guelma, et dans une grande partie du Constantinois.
Ctait la premire fois quun reprsentant officiel de la France constatait la vrit de cette sombre page dhistoire contemporaine, que les spcialistes ont depuis longtemps dnonce.

Stif, Une gerbe pour les morts

Ferhat Abbas tant n, et ayant vcu longtemps Stif, M. lAmbassadeur se devait dvoquer une tragdie qui a particulirement endeuill votre rgion. Je veux parler des massacres du 8 mai 1945, il y aura bientt 60 ans : une tragdie inexcusable. Fallait-il, hlas, quil y ait sur cette terre un abme dincomprhension entre les communauts, pour que se produise cet enchanement dun climat de peur, de manifestations et de leur rpression, dassassinats et de massacres !
Certains pensent quil faut oublier le pass pour quil nenterre pas le prsent. Je ne partage pas cet avis, mme si nous ne devons pas non plus nous enfermer dans lhistoire. ,
a enchan lambassadeur.
La crmonie officielle sest acheve par le dpt dune gerbe devant la stle du souvenir des vnements et des morts.

Victimes et bourreaux
De tueries inexcusables, lhistoire humaine en est pave.
Lpope coloniale, par la personnalit mme de la majorit des individus que les États mandataient, nest quune succession de tragdies pour les peuples coloniss ; et de sacrifices pour les rares reprsentants sincres de la civilisation des Lumires qui se lanaient dans laventure par grandeur dme.
Alors, pourquoi revenir sur ce 8 mai 1945 ? Pourquoi sattarder sur la dmarche franaise et le geste de Monsieur lAmbassadeur ?
"Persuadons-nous bien qu'en Afrique du Nord comme ailleurs, on ne sauvera rien de franais sans sauver la justice." Albert Camus. La photo droite est de 1956 (Ph. Lamblard)
Suite ...

En 1956, lorsque les appels du contingent passrent dans les villages du Constantinois, ils ne rencontrrent que des femmes, les hommes taient ailleurs...
Algrie, 8 mai 1945 " suite
Soixante ans, ctait hier, les gnrations se souviennent. Lenfant terroris est l, prsent dans ladulte qui vit et se remmore.
Le petit-fils a entendu de la bouche mme des tmoins le rcit, et cherche un cho de la tragdie des siens dans les annales du pays et lhistoire de sa nation.
La haine comme lamour cela se mne deux. Ladversaire, le bourreau, que dit-il ? Porte-t-il le poids du souvenir ou le sentiment du devoir accompli ?
Puisquil y eut massacre, des mains ont tu, ou sign lordre du carnage. Si les tmoins pouvaient tre fort jeunes, les acteurs avaient ncessairement un certain ge, lge de tenir une arme. Ces derniers participants sont aujourdhui des vieillards. La dmarche de lÉtat franais pour eux aussi est essentielle.
Et puis il y a tous ceux qui se sont trouvs complices sans le vouloir cause du silence franais...
Le bilan officiel.
Le 8 mai 1945, alors que le monde libre clbre la dfaite des armes nazies et la victoire des Allis, se droule Stif, Guelma, Kherrata, et dans une partie du Constantinois, des meutes qui vont provoquer, en un premier temps, lassassinat dune centaine de colons europens, et en un second temps une rpression incontrle qui frappera prs de 40 000 personnes, en quasi totalit des indignes musulmans.
Si le nombre de victimes europennes, ce mois de mai, la suite des chauffoures de Stif et, Guelma est parfaitement connu, 103 morts et 110 blesss, souvent dans des conditions horribles, le nombre exact dAlgriens victimes de la rpression est inconnu.
La version officielle, admise aujourdhui en Algrie, aprs avoir avanc des chiffres improbables, se situe autour de 40 000/45 000 martyrs. Cest le chiffre retenu par la Fondation du 8 Mai 45 notamment. Les historiens estiment que ce chiffre englobe non seulement les morts, mais galement les blesss, et les emprisonns dont un grand nombre ne survivra pas aux conditions de dtention.

Les racines du mal.
Monsieur lAmbassadeur a parl dun abme dincomprhension entre les communauts. Aveuglement stupide, climat de peur, haine et rancune, largement partags.
Aujourdhui, ceux qui veulent savoir savent. Au commencement, il y a la conqute de la Rgence dAlger. En 1830, la France englue dans ses contradictions, alternant Rpublique, Empire, et monarchisme croupion, vivait sous le rgne de Charles X. Celui-ci, sous divers prtextes, et pour chtier les pirates barbaresques qui perturbaient le trafic maritime en Mditerrane, monta une expdition contre Hussein Pacha, le dey ottoman qui rgnait sur cette province dobdience turque. Le dey, sujet dIstanbul, gouverne une population de Maures, de Kabyles, de Berbres, d'Arabes et de marins pirates. La richesse en bl de ces provinces nord-africaines lui avait permis daccumuler dans ses caves un fabuleux trsor, que Charles X rvait de sapproprier.
Ce qui fut fait en juillet 1830. Une rvolution inopine chassa le Roi du trne de France et le remplaa par un roi des Franais. Dans ce chass-crois, une partie du trsor dAlger disparut au profit des hommes daffaires qui entretenaient lexpdition, et la monarchie de Juillet nhrita que les miettes, plus un territoire dont elle ne savait que faire.
De sujets de la Sublime Porte, les autochtones devinrent sujets de France, et ne se dcouvrirent Algriens que progressivement. (Voir l'article sur Sidi-Brahim et l'mir Abd El-Kader)
Il a fallu un sicle de turbulences pour que les Franais se reconnaissent rpublicains ; un sicle ne sera pas de trop pour que le peuple dAlgrie se dcouvre une nation.
En juin 1940, dans les Ardennes et les plaines picardes, de nombreux tirailleurs algriens perdaient leur vie, ple-mle avec les Pieds-noirs de Bab-el-Oued, avec les fils de lHexagone, et les Noirs des colonies ; il sagissait bien de dfendre la mme patrie. Mais larrire, la maturit politique tait suffisamment avance pour que des organisations algriennes revendiquent une rforme du statut de lindigne et avancent le mot de fdralisme.
En avril 1941, Ferhat Abbas envoie au chef de lÉtat un rapport LAlgrie de demain , o il demande des rformes qui prfigurent le contenu du Manifeste du peuple algrien venir.

Les deux dfaites
La premire dfaite du commandement militaire franais devant les troupes allemandes provoque un choc dans lopinion publique : pour le fellah, le tout puissant colon et son bras arm ntaient plus invincibles dsormais.
En novembre 1942, au regard de la population algrienne, une seconde dfaite frappe le pouvoir militaire franais fidle au Marchal, avec larrive massive des Amricains Alger et le dbarquement des troupes allies qui installent en Algrie leur base mditerranenne.
La dmocratie amricaine savance, ceci est connu, avec ses deux visages. Le premier, admirable, celui qui servit de modle la grande Rvolution franaise, porteur de lidal des liberts des peuples et des droits de lhomme. Le second visage, plus immdiat et prosaque est celui dune troupe dhommes clatants de sant, insouciants et cordiaux, traficoteurs et bambocheurs.
(Cet aspect des effets de la prsence amricaine a t mis en scne dans le film d'Alexandre Arcady: "Le grand Carnaval" en 1983).
LAmrique prenait pied en Algrie avec la Charte de lAtlantique qui promettait aux peuples des colonies le droit de disposer deux-mmes. Elle dversait galement son opulence matrielle accompagne du march noir corrupteur, rapidement organis en mafia interlope. En 1943, Alger, tout se vendait ou schangeait, y compris les armes de guerre.
LAlgrie cest la France ! En 1943, lAlgrie ctait surtout Vichy et le ptainisme pouss la caricature, avec cependant un patriotisme authentique qui excluait la collaboration prne par Laval, Dat et consorts.
Le petit peuple pied-noir stait mobilis massivement pour dfendre la mre patrie, et les Algriens sengagrent avec les Allis pour la libration du territoire national. La famille Hernandez envoya ses garons servir sous les ordres de de Lattre de Tassigny et les fils musulmans de la Casbah sy retrouvrent galement au coude coude. Il est admirable, et navrant, de constater que les combats contre le nazisme et les plaques des monuments aux morts, seront les seuls endroits o les deux communauts se retrouveront dans lgalit, avec la fraternit de la tombe.

Les carillons de la Victoire
La gnration laquelle jappartiens se souvient des cloches de la victoire du 8 mai 1945 ; cest galement une gnration qui a vu ses gars achever leur jeunesse dans les djebels.
Lenfant que jtais suivit les grands sur le toit de lglise du village, malgr les protestations du cur, pour aller sonner la fin de la guerre. Ce jour reste fortement marqu dans ma mmoire par cette formidable transgression que reprsentait la bousculade du tout-puissant cur, et loccupation du toit de lglise dans laquelle le matin mme je servais loffice comme enfant de chur.
Et l'enfant est fier de poser pour le photographe sur le chemin de l'cole. Il ne sait pas encore combien bref sera son printemps.(Photo J. Farjon)

Je me faufilai sans vraiment comprendre ce qui enfivrait les adultes, mais dtermin ne rien perdre de ce que lon prparait. Je montai en courant jusqu la cime du clocher pour dboucher en plein ciel. Et je riais, et tous riaient dtre l. Les plus grands parce quils se savaient dlivrs dune servitude, les petits parce quils comprenaient que quelque chose de grave saccomplissait, et, par contrecoup, librait des interdits.
Les oreilles fracasses par les premires voles, accroupis sur le fatage, nous regardions les hommes affronts aux battants peser de toutes leurs forces pour branler les normes cloches qui avaient ponctu, mystrieuses et ariennes, nos jours et nos nuits. Les cloches asservies aux matines et aux vpres, aux anglus et aux glas, smancipaient en Rpublique. Sous les mains de la jeunesse, elles inventaient un carillon inou. Je ne loublierai jamais et garderai livresse de lescapade sur les toits interdits un jour pavois de tricolore.
"Le 8 mai 1945, les cloches de la Victoire annoncent pour l'Algrie la Saint-Barthlemy.", crit Kateb Yacine en 1961.
À neuf cent kilomtres du toit de mon glise, de lautre ct de la mer, les cloches sonnrent aussi. Dans le collge de Stif, un adolescent qui crivait des pomes damour, laissa son pupitre de bois et courut sur la place. À Stif, comme partout en France, on ftait la Victoire. Kateb Yacine avait quinze ans, il se souviendra toute sa vie du 8 mai 1945 : À la tte du cortge, il y avait des scouts et des camarades du collge qui mont fait signe, et je les ai rejoint, sans savoir ce que je faisais. Immdiatement, ce fut la fusillade, suivie dune cohue extraordinaire, la foule refluant et cherchant le salut dans la fuite. Une petite fille fut crase dans la panique. Ne sachant o aller, je suis entr chez un libraire. Je lai trouv gisant dans une mare de sang. Un ami de mon pre qui passait par l me fit entrer dans un htel plein dofficiers qui dversaient des propos racistes. Il y avait l mon professeur de dessin, une vieille demoiselle assez gentille, mais comme je chahutais dans la classe, ayant parl une fois de faire la rvolution comme les Franais en 1789, elle me cria : Eh bien, Kateb, la voil votre rvolution, alors, vous tes ******* ? (Soliloques, 1988)

Autour de notre clocher occitan, nous ne savions presque rien de lAlgrie. Il nous fallut dix ans pour apprendre que ctait autre chose que trois dpartements au sud. Nous lapprendrons sans lavoir demand. Il a donc fallu plus de dix ans aux enfants qui senivraient du bruit des cloches du 8 mai 1945 pour savoir quau mme moment un drame se jouait sur lautre rive de la Mditerrane, un drame qui leur valut le voyage outre-mer.
Depuis, comme des milliers dautres, ils souhaitent comprendre.

Une guerre sachve, une autre commence.
Peut-on se dtacher de sa propre histoire ? Jai ouvert les yeux sur le monde tandis que la guerre contre lAllemagne faisait rage, et que les miens tremblaient pour les hommes qui guerroyaient. Lide que la guerre sabattait comme une maldiction et quil fallait sy soumettre, que ctait le lot du paysan, faisait partie de notre morale. En ce sens, nous ne devions pas diffrer beaucoup des paysans des Aurs ou de lOuarsenis que jallais ctoyer bientt. Les voix den bas slvent rarement contre la guerre. Pire, des gars de vingt ans laccueillent parfois comme un facteur de promotion sociale lorsque lhorizon du village est trop gris.
Ce drame algrien, je lai dcouvert en 1956 alors que jeffectuais mon service militaire. Au premier rcit entendu sur place, je ne lai pas cr entirement. Ce nest quaprs avoir achev mes deux annes obligatoires, rentr au pays, que jai tout dcouvert en lisant les ditoriaux de certains journaux et les livres de Pierre Vidal-Naquet ou de Henri Alleg. Avec le recul, jai aussi compris ce qutaient ces oprations de maintien de lordre qui mavaient mobilis l-bas. Il sagissait bien dune guerre et elle avait dbut la minute de silence devant le monument aux morts de Stif, le 8 mai 1945.

Printemps des peuples
La guerre sachevait. En ce dbut danne 45, chacun comprenait que le rgime nazi nen avait plus que pour quelques semaines. On se prparait revivre. Les familles espraient le retour de leur soldat. Et les survivants de Monte Cassino, du Garigliano, des chemins de la reconqute, sattendaient des jours meilleurs une fois dans leur foyer. Les tirailleurs de de Lattre, de Juin, de Montsabert, les glorieux combattants qui en 1943 et 1944 firent oublier la dbcle et restaurrent lhonneur de larme franaise aux yeux des Allis, sattendaient la reconnaissance de la nation.
Au bled aussi on prparait la fte du retour. Llite musulmane avait pris conscience depuis longtemps de lingalit des sorts et se prparait revendiquer lamlioration de statut de lindigne. Les associations politiques, notamment lAML (Amis du Manifeste et des Liberts) de Ferhat Abbas, recueillaient une audience populaire de plus en plus large. Les premiers discours nationalistes apparaissaient au grand jour. Le PPA de Messali Hadj, hritier de lÉtoile nord-africaine, ntait plus isol.
Stif, par la prsence de son pharmacien Ferhat Abbas, faisait figure de capitale politique de lAlgrie future. Que rclamaient ces guides ? Ces dirigeants militaient pour la constitution dun État algrien fdr la France, mais disposant dune autonomie interne. Utopie ? Ils dressaient ce constat : Le tirailleur qui revient couvert de gloire, quon a ft en France et Alger, ne comprend pas pourquoi sa solde et ses al********s familiales sont infrieures celles de son frre darmes europen. Il ne comprend pas que le tirailleur musulman mutil touche une pension infrieure celle du tirailleur europen bless dans la mme bataille, de la mme manire, contre le mme ennemi. (Amar Ouzegane, dans Jacques Jurquet)
La jeune gnration montrait plus dimpatience. Le mouvement scout, trs vigoureux en Algrie, tait lavant-garde du combat.
Pour clbrer le 1er Mai des travailleurs, il fut dcid que les scouts dfileraient devant les syndicats avec leurs fanions. Des banderoles et des slogans furent prpars. Librez Messali , Librez les dtenus , A bas le colonialisme . Des chants se rptaient et les femmes cousaient des toffes vertes et blanches, frappes dune toile et du croissant rouge, lointain souvenir de la bannire dAbd el-Kader. (La petite histoire retiendra que le premier drapeau algrien fut cousu par une jeune franaise, Madame Messali Hadj)
Les 1er Mai ouvriers ont souvent vu couler le sang. Celui dAlger et dOran en 1945 fut dans la tradition. Les forces de police avaient tabli des barrages pour filtrer la manifestation et dtruire les drapeaux et les banderoles. Un peu partout en Algrie les dfils du 1er Mai montrrent une forte mobilisation des musulmans. Le pouvoir en fut alert.
On attendait la proclamation de larmistice dun jour lautre.
Jour de Victoire
Gloire au soldat qui rentre dans ses foyers ! Pour lui les fleurs des enfants, les baisers des filles, laccolade des vieux. Mais Marseille, on le retient sur le quai, le soldat glorieux. Ce quil ne sait pas cest que de lautre ct de la mer sa mechta est en feu. Les siens gisent le ventre ouvert.
Il est des crimes plus lourds porter que dautres. Bienheureux ceux qui les ignorent longtemps pour ne les avoir point vcus. Luvre de Kateb Yacine, qui perdra quatorze membre de sa famille dans le massacre, tout entire palpite aux souvenir du dfil de la victoire Stif :
Vous mes frres, les loups dun bois de servitude,
Faites frmir le ciel de vos sanglots damns
Aprs la nuit glaciale o meurt votre harmonie
Vous mordez votre flanc orgueilleux dtre vide
Pourtant jaime vos cris importuns quand la neige
Couvre de puret vos spectres maladifs

(Soliloques, 1946)

La comptabilit des crimes collectifs, lnumration des massacres, ne peuvent que conduire une hirarchie des horreurs qui ajoute encore lignominie. Fallait-il taire un crime en ce jour o les survivants clbrent la victoire et honorent les morts tombs contre le nazisme ? Pendant plus de dix ans, ceux qui tenaient la parole imposrent le billon.
On a dj dit dans quel tat dignorance les appels du contingent se sont retrouvs, en 1956, embarqus dans ce qui navait pas encore de nom et que lon appelle aujourdhui la "Guerre dindpendance algrienne".
Nous sommes arrivs dans le Constantinois aprs une autre tuerie qui avait fait six mois plus tt 123 victimes El-Halia et Philippeville, entranant selon larithmtique propre ces vnements une rpression de plusieurs milliers de morts. Lmotion tait encore palpable. Nos htes voulaient dire le dtail des pertes, les mutilations, linnocence des victimes. On voquait aussi la Toussaint rouge de 1954. Mais de la tragdie prmonitoire et fondamentale du 8 mai 1945 Stif et dans le Constantinois, jamais personne ne voulut parler. Elle relve pourtant de la plus haute blessure et constitue la charnire autour de laquelle tout bascula, parce quil y eut en ce lieu un crime majeur. Pour le comprendre il aurait suffi douvrir les yeux et dcouter les potes.

Le monument aux morts de Stif
Ce 8 mai cest jour de march. Il fait beau.
Stif est une ville btie sur le modle des cits cres par la colonisation. Situe au centre dune rgion o pousse le bl, la misre nest pas aussi accablante que dans la Kabylie ou les Aurs. Le climat est dur. À ct de la ville europenne, il y a les villages arabes et un vaste quartier militaire. Le march attire tous les ruraux des alentours.
La clbration de la Victoire est prvue au monument aux morts. La manifestation dcide par les associations musulmanes se forme ds huit heures du matin. Il sagit de dposer une gerbe. Le rendez-vous est fix devant la mosque du faubourg de la gare.
Beaucoup de monde. Les militants veillent la bonne organisation. Cest une manifestation de paix. On demande mme aux fellahs de dposer leur couteau de poche et leur bton. Il faut viter toute provocation et toute menace vis--vis de lordre public aprs les drives du Premier Mai.
Le cortge se forme et, pour affirmer ses intentions pacifiques, les organisateurs placent en tte les enfants et deux cent scouts en uniforme. Derrire eux viennent les tudiants, et trois anciens combattants de 14-18 porteurs de gerbes. Suivent les drapeaux de tous les pays allis qui ont vaincu lhitlrisme. En fin de cortge, la masse des manifestants.
Le commissaire central Tort se porte devant la mosque et sadresse au service dordre. Il les avise que toutes banderoles et pancartes caractre politique sont interdites, puis il se rend la sous-prfecture en laissant sur place le commissaire Valre. La foule est discipline, mais elle entend revendiquer ses droits et son identit.
Le sous-prfet de Stif, Butterlin, convoque diverses personnalits musulmanes et leur fait connatre linterdiction de tout cortge caractre politique, et les avise quelles seront tenue pour responsables de tout incidents. Il met en alerte lautorit militaire et la gendarmerie.
Pendant ce temps, le dfil se met en route. Dix mille personnes, peut-tre davantage. Soudain, au milieu des drapeaux franais et allis, une main brandit le drapeau vert et blanc frapp dune toile et du croissant rouge, un drapeau jamais vu au soleil, le drapeau algrien.
Sil navait encore t dploy en public, personne nignorait sa naissance depuis que Ferhat Abbas avait rclam dans son Manifeste que les troupes indignes leves en 1943 pour la reconqute de la France occupe soient places sous les couleurs algriennes.
Cest le jeune Chal Bouzid qui porte le drapeau.
Les militants des AML sortent les banderoles et les pancartes. On peut lire : Dmocratie pour tous , Vive lAlgrie libre et indpendante , Vive la Charte de lAtlantique .
Des motocyclistes de la police surveillent lavance du cortge. Les scouts chantent "Min djibalina" (De nos montagnes slve la voix des hommes libres, lindpendance les appelle)
Stif, plaque commmorative de la mort de Chal Bouzid. Photo lamblard.
Le commissaire Valre signale au sous-prfet Butterlin la prsence des slogans. Le sous-prfet lui intime lordre de retirer les banderoles sditieuses. Le commissaire fait observer que cette intervention risque dentraner de la bagarre compte tenu du nombre de manifestants. Le sous-prfet rpond : Eh bien il y aura de la bagarre !
La manifestation poursuit son itinraire qui doit traverser le centre ville. Les trottoirs sont noirs de monde, les femmes poussent les you-you traditionnels.
Il est 9h 30 environ lorsque le cortge arrive hauteur du Caf de France, en face du Caf Carbonnel, lieu de rendez-vous de tous les colons, cur de la ville europenne. Le commissaire de police Oliviri sort dun tablissement et arrte la marche. Il exige que soient enlevs les banderoles et le drapeau vert et blanc. Les dirigeants rpondent que la manifestation est autorise et quelle est pacifique.
À cet instant, Oliviri se prcipite sur le porteur de la premire bannire et tente de larracher. Des manifestants se jettent sur lui et le matrisent. Le policier appelle laide. Ses hommes sortent des voitures et des cafs. Cest la confusion. Un premier coup de feu est tir en lair par un policier, semble-t-il. Dautres coups partent des environs, de derrire les arcades, peut-tre des balcons. Le jeune Chal Bouzid, porteur du drapeau, seffondre, bless mort.
Des rafales de mitraillettes claquent. Les Europens sont arms, en face, les manifestants sont innombrables. Le cortge se disloque sous les arcades, dans les rues voisines. Trois cadavres gisent au milieu de la rue, beaucoup de blesss. Des dirigeants restent sur place et tentent de reformer le dfil pour dposer la gerbe au monument aux morts. Mais cest la dbandade, le dsordre et la peur.
Comment cela a-t-il commenc ? Comme souvent, une chauffoure suivi dune fusillade dont la provenance ne sera jamais claircie.
Par la suite, il est certain que le car de la gendarmerie est entr en action, barrant la route ce qui restait du cortge devant le monument aux morts. Lmotion est norme, londe se rpercute au fond des souks, la masse des paysans se prcipite, cest lmeute. Les manifestants surexcits se rpandent dans les rues et agressent tout ce qui ressemble un Europen.
Kateb Yacine
qui dfilait avec ses camarades tmoignera directement :
Un agent de la sret, dissimul lombre dune arcade, tire sur le drapeau ;
Mitraille.
Les cadres flottent.
Ils ont laiss dsarmer les manifestants la mosque, par le commissaire, aid du muphti.
Chaises. Bouteilles.
Branches darbres tailles en chemin.
Les Cadres sont enfoncs.
Contenir le peuple sa premire manifestation massive ?
Le porte-drapeau scroule.
Un ancien combattant empoigne son clairon.
Est-ce la diane ou la guerre sainte ?
Un paysan tranche dun coup de sabre lpaule dun tudiant sans coiffure quil a pris pour un europen.
Mustapha jette sa cravate.
Le maire franais est abattu par un policier.
(Nedjma, 1956)

Le maire socialiste de Stif, Édouard Deluca sera trouv mort. Qui la tu ? Lcrivain est formel : un policier. Mais dautres tmoignages dsignent des hommes de main des Vichystes qui prennent leur revanche. Un contrleur des postes, militant du PCA, Albert Denier a les mains broyes coup de hache, on lamputera lhpital. Il refusera toujours de dsigner les coupables parmi les Algriens arrts, tant le dsarroi de la foule poussait la confusion.
Ferhat Abbas qui se trouvait ce jour-l Alger pour une crmonie officielle (et sera arrt dans les salons mme du gouverneur gnral, peut-tre pour le protger dun attentat dextrme droite qui visait ce meneur charismatique), crit dans son testament politique : Un employ des postes, foncirement honnte comme mon ami Denier, victime innocente dun salaud Il est certain que la colre populaire a pouss les manifestants des actes horribles et injustifis ; les heures qui suivront ne feront quamplifier lmeute.
À midi, le calme est rtabli Stif. La police et la gendarmerie ont repris le contrle des rues. Larme sest dploye et pourchasse les insurgs lextrieur de la ville.
On a tir encore autour du monument aux morts. On emporte les morts et les blesss. Le couvre-feu est instaur.

Lmeute du Constantinois
Partout, dans chaque ville et village, les cloches ont sonn et les cortges sont alls dposer leurs gerbes sans incidents notables. Le rapport du gnral Paul Tubert, command chaud par le gouvernement, constatera : Dautres manifestations se sont droules ce jour-l, et notamment Sidi-bel-Abbs, avec des pancartes portant les mmes inscriptions qu Stif, sans causer dincidents sanglants, la police tant demeure passive () Sans vouloir en rien simmiscer dans lenqute judiciaire, la commission a seulement constat que bon nombre de manifestations se sont droules en Algrie les 1er et 8 mai, que toutes ces manifestations taient caractre exclusivement politique et avaient pour but de rclamer la libration de Messali Hadj et lindpendance de lAlgrie. Elle a aussi constat que seule la manifestation de Stif du 8 mai avait tourn lmeute pour gagner les rgions environnantes.
À 14h 30, le prfet de Constantine Lestrade-Carbonnel, venant darriver Stif, proclame ltat durgence. Aprs communication avec Alger, la loi martiale accorde tous les pouvoirs au gnral Raymond Duval commandant la division territoriale de Constantine. Celui-ci engage aussitt ses troupes motorises et ses half-tracks. Simultanment, les milices civiles armes se lancent dans des oprations de reprsailles.
Les fusillades du march de Stif ont jet sur les routes des gens affols qui crient que lon tue les Arabes. Un taxi diffuse la nouvelle Prigotville. Et cest une trane de poudre qui se rpand dans le djebel, avec les consquences que lon imagine. Sur ces populations affames, humilies depuis des dcennies, dont pas une nignore le contexte international dans lequel se trouve la France depuis Sedan et Montoire, sur ces populations qui ont pour les guerres pay limpt du sang, le crime de Stif jaillit comme une profanation.
La manifestation se voulait rellement pacifique. Dans ce pays o depuis trois ans lnorme machine de guerre amricaine, et ses soldats traficoteurs, stait pose, les armes ne manquaient pas. Le troc, la contrebande, le vol, le gaspillage, comme partout o lordre guerrier domine, permettait qui en montrait la volont de se pourvoir en fusils, mitraillettes, pistolets et grenades. Les musulmans de Stif ne possdaient rien de tout cela. Et les traditionnels tromblons des montagnards taient rests dans leurs cachettes.
Par ailleurs, on peut imaginer quel arsenal les colons staient constitu sachant que lAlgrie tait la veille dune disette agricole sans prcdent et que cette situation pouvait provoquer un drame gnral , ainsi que lcrivait Eugne Vallet, prsident du Conseil gnral de Constantine, le 24 avril 1945.
Dans un premier temps, sous la violence de la rpression, arms de pierres et de btons, les manifestants rpliqurent, et puis se transformrent en meutiers cherchant tirer vengeance de tous les Europens rencontrs. Comme sous toutes les latitudes, la fureur populaire des hordes misrables se livre au carnage avec une brutalit irrationnelle, cherchant anantir le corps aprs lui avoir t la vie, dans des gestes de profanation qui semblent resurgir dune bestialit originelle, ou imiter des rites barbares de larme de Bugeaud.

Le sous-prfet de Guelma
Il faudrait sarrter ici. Le pire est venir.
Cest Guelma que le processus sinistre de la rpression et de son escalade incontrle se rvle dans toute ltendue de son horreur.
Guelma se trouve 200 km de Stif. Le matin du 8 mai a t calme. La manifestation musulmane, prvue comme dans toute lAlgrie, na t programme qu 17 heures, peut-tre pour viter le meeting officiel que les autorits tiennent sur la place Saint-Augustin.
À lheure dite, le cortge se dirige vers le monument aux morts. Quelques milliers de personnes dfilent drapeaux en tte comme Stif, et banderoles dployes.
Le sous-prfet Andr Achiary, accompagn de policiers, se place au milieu de la chausse et stoppe les manifestants. Il interdit au cortge davancer et exige la dispersion immdiate. Un dialogue sengage avec le service dordre. Les militants demandent lautorisation daller jusquau monument aux morts. Des consommateurs attabls aux terrasses des cafs interpellent le sous-prfet : Y a-t-il la France ici ? Oui ou non ?
Sortant son arme, Achiary ordonne pour la seconde fois la dispersion et tire en lair. Mais la foule pousse en avant. Le sous-prfet est bouscul. Il recule. Dbords, les cadres des musulmans tentent de faire refluer leurs gens. Trop tard, dj les policiers chargent. Ils tirent. Le porte-drapeau Boumaza el-Hamdi seffondre. Dautres sont mortellement blesss la baonnette. Cest la panique, les manifestants jettent des pierres et ce qui leur tombe sous la main avant de senfuir. Aucun Europen na t tu.
Achiary ordonne la fermeture des cafs, tablit le couvre-feu et donne lordre darmer la milice europenne.
Dans la soire, la rumeur de morts Stif rejoint celle de Guelma. Des missaires alertent les tribus de la tuerie et des arrestations. Lmotion fait tache dhuile, les paysans se cachent dans les montagnes.
Le chtiment est organis et conduit par Achiary (qui avait t commissaire de police Alger sous le gouvernement de Vichy, et se proclame dsormais gaulliste.) Il est appuy par le prfet de Constantine. Ordre est donn au gnral Duval, commandant suprieur des troupes, de lancer ses units dans une rpression exemplaire.
Le sous-prfet invite personnellement les Europens participer aux massacres : Messieurs les colons, vengez-vous ! leur lance-t-il. Dans le lot sont excuts tous les joueurs de lquipe de football lEsprance sportive guelmoise, car un dirigeant du club est souponn dappartenir au PPA. Les corps, arross dessence, sont brls sur la place de lglise ou dans les fours chaux dHliopolis (Henri Alleg).
Laction conjugue des miliciens, des gendarmes, de la police et des troupes, et mme des dtenus trangers que Duval rquisitionne, non seulement Stif et Guelma mais dans tout le Constantinois, entranera un nombre incalculable de victimes. Jouant sur les oppositions ethniques traditionnelles, la hirarchie militaire lance les tirailleurs sngalais lassaut, aprs leur avoir servi lhabituelle ration dalcool comme au front.
On viole. On tripe. On mutile. On gorge. Une opration considrable de ratissage est mene par le gnral Raymond Duval la tte de lgionnaires () Les fusillades sont innombrables. La rpression est sauvage , crit Yves Courrire. Le mme auteur ajoute : Car on peut parler de massacre. Des douars entiers ont disparu. On trouvera des fosses communes remplies ras bord de cadavres.
Les chars, les automitrailleuses entrent en action. Des centaines dhommes sont excuts la mitrailleuse dans les carrires.
Laviation est mise contribution. En rase-mottes, elle lche ses roquettes, mitraille les mechtas. La marine est appele tirer. Le croiseur de guerre Duguay-Trouin bombarde les villages dans les rgions de Kerrata et Taratest. Le croiseur Triomphant ouvre le feu sur le douar Djaoua prs de Bougie. Pendant plus de dix jours, cest une opration de mort qui se dchane dans le primtre de la Kabylie aux Aurs.


Le Sacrilge de Mai
Au moment o le pilonnage battait son plein, le 7e Rgiment de Tirailleurs algriens, dont les soldats taient pour la plupart originaire du Constantinois, dbarquait Alger. Ces hommes, qui avaient perdu plus de la moiti de leurs camarades sur les champs de bataille, rentrant chez eux, dcouvrent que leur maison, leur village ont t dtruits, que leur famille a t dcime par les armes franaises soudain retournes, les armes de lAlgrie franaise.
Ces troupes du gnral Duval, ces chefs, dont la plupart navaient pu sopposer aux puissances de lAxe, ces miliciens exempts des batailles, ces tueurs, se sont dchans un jour de victoire contre un peuple dont le seul crime tait de rclamer un peu plus de justice. Avec la lucidit du recul, on ne peut qutre tonn par la modration des mots dordre que scandaient les manifestants musulmans du 8 mai. Ils demandaient seulement quun rang de dignit leur ft octroy sur leur terre ancestrale. Sen suivit une hcatombe.
Ce sacrifice dhommes, de femmes et denfants, aprs la boucherie des combats o des milliers de jeunes Algriens, de toutes confession, moururent entre Sedan et Dunkerque, dans les Alpes et sur les plages de Provence, accouchera neuf ans plus tard dune guerre impitoyable.

Quelle que soit la cause que lon dfend, elle restera toujours dshonore par le massacre aveugle dune foule innocente o le tueur sait davance quil atteindra la femme et lenfant , scriera Albert Camus. (Actuelles III)

Lcrasement politique ira de pair avec le massacre. Tous les militants algriens seront arrts en quelques heures sur tout le territoire. Un millier de condamnations, dont une centaine mort. Le bilan de la rpression militaire et des meurtres civils sur les quinze jours que durrent les oprations punitives du Constantinois, est impossible dresser avec exactitude.
La commission du gnral Paul Tubert envoye sur place par le gouverneur Yves Chataigneau, ne disposera que de deux jours pour enquter sur le terrain (26 et 27 mai 1945). Elle sera immdiatement rappele Alger sur ordre de de Gaulle, au moment de se porter Guelma. Le chef de la France libre ne souhaitait pas ajouter aux urgences du moment.
Le gouverneur Yves Chataigneau, dont lhumanit ne peut tre mise en doute, avait dpch immdiatement une premire enqute confie au commissaire J. Berg, chef de la P.J. dAlger. Celui-ci fut constamment entrav dans ses investigations de terrain par la collusion des pouvoirs locaux. Toutefois, un rapport de Berg concernant les meurtres attribus aux milices civiles de Guelma existe aux Archives nationales et a pu tre rcemment consult par lhistorienne

Conclusion
Le nombre des victimes serait donc approchant les 45 000. Ce chiffre, comme nous lavons dit, parat recouvrir, selon les spcialistes de ce dossier, celui, global, des morts, des blesss, et de tous ceux qui ont subi des svices.

Au-del des monceaux de cadavres accumuls dans les deux communauts, ce qui pse dans cette tragdie, cest la charge symbolique du crime, en ce moment historique, en cet endroit. À partir de Mai 1945, plus rien ne sera comme avant en Algrie. Ce constat tait vrai pour le monde libre en gnral qui mit un terme au rgime nazi, mais en particulier pour la France dans ses rapports de puissance coloniale, face un peuple qui dposait les prmices de son affranchissement, et nanmoins se disait encore prt nouer des liens nouveaux et dignes pour aborder une association politique adapte cette fin de sicle.
Et cest en cela aussi quil y eut crime et sacrilge.
. La minute de silence devant le monument aux morts de Stif durera neuf ans et six mois.










2009-01-18, 20:18   : 14
yacino dz
 
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2009-01-19, 13:20   : 15
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