Histoire de medecine -

  > Forum Franais > Dbats Culture > Sciences


   ( ) .


Histoire de medecine

 
2010-03-12, 17:13   : 1
alidhs
 
  alidhs
 

 

 
B10 Histoire de medecine

1 .PRÉSENTATION :
Mdecine, histoire de la histoire des vnements marquants qui ont jalonn le dveloppement des sciences mdicales depuis la prhistoire.

2.MÉDECINE PRÉHISTORIQUE :
La connaissance des pratiques mdicales prhistoriques repose essentiellement sur ltude anatomopathologique des restes fossiliss de nos lointains anctres. Leurs ossements prsentent parfois des squelles de maladies identifiables par les spcialistes : fractures, luxations, graves entorses ou tumeurs. Mais, pour des raisons videntes, seules les pathologies ayant des rpercussions sur la structure osseuse sont identifies. Certains traitements rudimentaires, comme la trpanation, laquelle semblent avoir survcu quelques malades, sont galement visibles. Pour les priodes prhistoriques plus rcentes, celles du nolithique par exemple, les prhistoriens disposent de beaucoup plus dlments. En dehors des restes humains, ils ont retrouv de nombreux instruments ou objets dont lutilisation des fins mdicales semble certaine. En outre, ils tablissent des comparaisons avec les pratiques actuelles de tribus primitives tudies en anthropologie. En se fondant sur ces comparaisons, les maladies devaient prsenter un grand intrt pour les premiers hommes mme sils ntaient pas capables de les traiter efficacement. Comme dans bon nombre de socits traditionnelles actuelles, ils devaient diviser la gense des maladies en deux catgories, chacune ayant ses propres instruments thrapeutiques. La premire catgorie, la plus importante, concerne les maladies attribues linfluence de dmons malveillants, capables dintroduire un esprit tranger, une pierre ou un ver dans le corps dindividus sans mfiance. Ils combattent ce genre daffections laide dincantations, de danses, de pratiques magiques, de charmes et de talismans. Si lon suppose que le dmon est parvenu pntrer dans le corps de sa victime, en labsence de telles prcautions, ou en dpit de celles-ci, on sefforce de rendre ce corps inhabitable pour le dmon en battant ou en affamant le patient. On essaie aussi dexpulser lesprit laide de potions provoquant de violents vomissements ou en perant un orifice dans le crne. Ce dernier procd, appel trpanation, constitue galement le remde pour la dmence, lpilepsie et les maux de tte.
Toutefois, les traitements spcifiquement dirigs contre une maladie doivent tre beaucoup plus efficaces. Les procds thrapeutiques sont relativement nombreux dans les socits anciennes : nettoyage et traitement des blessures par cautrisation, cataplasmes et sutures, rduction des luxations et des fractures, utilisation dattelles. Dautres traitements comportent lutilisation de purgatifs, de laxatifs, dmtiques provoquant des vomissements et de lavements. Les plus grands succs ont sans doute t obtenus avec lutilisation dextraits de plantes aux proprits stimulantes et narcotiques. Certains de ces traitements sont si efficaces quils continuent dtre utiliss de nos jours. La digitaline, un stimulant cardiaque extrait de la digitale, est lun des plus connus.
3.PRATIQUE MÉDICALE ANTIQUE :
De nombreux systmes mdicaux prscientifiques, fonds principalement sur la magie, les remdes traditionnels et une chirurgie lmentaire existent donc dans certaines socits avant lavnement de la mdecine grecque aux environs du vie sicle av. J.-C.

3.1.Mdecine gyptienne :
On peut discerner deux tendances distinctes dans la mdecine gyptienne : dune part, des pratiques magiques et religieuses et, dautre part, une tendance au rationalisme, fonde sur lexprience et lobservation. Les affections des yeux et de la peau sont traites par un mdecin en raison de leur localisation bien visible, alors que les troubles moins accessibles continuent tre traits par des sortilges et des incantations du prtre magicien. Au cours de la troisime dynastie, le mdecin est un prscientifique dont les pratiques sopposent celles du sorcier ou du prtre. Toutefois, les frontires ne sont pas hermtiques entre ces deux types de pratique. Ainsi larchitecte et ingnieur Imhotep (v. 2600 av. J.-C.), galement grand prtre du temple dHliopolis, est considr comme le premier mdecin, le pre de la discipline, en raison de son savoir mdical rationnel exceptionnel pour lpoque.
La formation du mdecin, dispense dans des coles, dure de nombreuses annes au cours desquelles sont enseigns lart de linterrogatoire, de lexamen et de la palpation (examen du corps par le toucher). Les prescriptions ordonnent des mdicaments dont lusage sest perptu au cours des sicles. Des textes rapportent lutilisation de laxatifs, prpars partir de dattes, de figues et dhuile de ricin. Lacide tannique, extrait de la noix dacacia, est utilis pour le traitement des brlures.
Bien que les Égyptiens pratiquent lembaumement, leurs connaissances anatomiques sont faibles. Ils ne pratiquent que des interventions chirurgicales mineures, lexception de la trpanation. Selon les crits de lhistorien grec Hrodote (v. 484 av. J.-C.-v. 425 av. J.-C), les anciens Égyptiens considrent lart dentaire comme une spcialit chirurgicale importante. Ce philosophe grec a galement t influenc par les travaux de physiologie et de pathologie du mdecin gyptien Imhotep, dont il aurait pris connaissance au cours de son voyage en Égypte au viie sicle av. J.-C.

3.2.Mdecine msopotamienne :
En raison des systmes thocratiques qui prvalent en Assyrie et Babylone, la mdecine de ces pays est insparable des pratiques magiques. Les tablettes cuniformes qui sont parvenues jusqu nous montrent des sries importantes de cas pathologiques bien classifies. Plus surprenant, des modles de foies en terre cuite trs fidles ont t retrouvs au cours de fouilles archologiques. Le foie, considr alors comme le sige de lme, revt en Msopotamie une importance toute particulire et son tude anatomique rvle les intentions des dieux. Les rves sont galement tudis dans le mme but.
Un grand nombre de remdes sont utiliss en Msopotamie, parmi lesquels plus de cinq cents mdicaments, dont certains sont dorigine minrale. Les incantations chantes par des prtres, que lon peut aujourdhui rapprocher dune forme de psychothrapie, savrent souvent efficaces.

3.3.Mdecine chinoise :
Dans la Chine ancienne, les interdictions religieuses vis--vis des dissections conduisent des connaissances parcellaires et/ou errones de la structure et des fonctions du corps humain. En consquence, les techniques chirurgicales restent lmentaires. Les traitements externes comprennent des massages et la pose de ventouses. Deux techniques thrapeutiques connaissent un extraordinaire dveloppement : lacupuncture, ou piqre de la peau par des aiguilles et les cautres, ou brlures de la peau par application de moxa brlants, une prparation de feuille darmoise de Chine trempe dans lhuile. Parmi les principaux mdicaments chinois, on trouve la rhubarbe, laconit, le soufre, larsenic et le plus important dentre eux, lopium. Des prparations base dorganes et dexcrtions danimaux, survivances danciens rituels, sont aussi utilises

3.4.Mdecine grco-romaine :
La mdecine grecque dAlexandrie influence fortement les conqurants romains. Asclpiade (v. 124 av. J.-C.-40 av. J.-C.) joue un rle important dans ltablissement de la mdecine grecque Rome au ier sicle av. J.-C. Sopposant la thorie des humeurs, Asclpiade enseigne que le corps est constitu de particules discontinues, ou atomes, spares par des pores. La maladie est selon lui cause par les restrictions apportes aux mouvements ordonns des atomes ou par le blocage des pores. Il propose, comme mthode pour parvenir la gurison, des exercices, des bains, et une alimentation spcifique plutt que des mdicaments. Cette thorie rapparatra priodiquement sous des formes varies jusquau xviiie sicle.
Les principaux auteurs de traits mdicaux des ier et iie sicles apr. J.-C. sont Dioscoride, connu pour ses tudes sur les plantes mdicinales, Galien de Pergame, dont les enseignements anatomiques (qui renferment de nombreuses erreurs, car fonds sur la dissection danimaux) feront autorit jusquau milieu du xvie sicle, Celse, auteur dune encyclopdie en vingt volumes, dont huit sont consacrs la mdecine, Artaeus de Cappadocce (iie sicle apr. J.-C.), disciple dHippocrate, Rufus dÉphse (dbut du iie sicle apr. J.-C.), renomm pour ses recherches sur le cur et les yeux, et enfin Soranus dÉphse, qui a runi des informations relatives lobsttrique et la gyncologie, apparemment fondes sur des dissections humaines.

3.5.Mdecine romaine :
Les contributions romaines originales interviennent dans les domaines de la sant publique et de lhygine. Les mthodes romaines dassainissement des rues, dadduction deau et dhospitalisation publique ne sont pas amliores avant lre moderne.
4.MÉDECINE MÉDIÉVALE :
À la suite des Grandes Invasions qui disloquent lEmpire romain, la mdecine et les sciences en gnral connat une longue priode de stagnation. La mdecine occidentale est alors constitue dune bonne part de folklore, ml de restes mal compris des enseignements classiques. À Constantinople, une srie dpidmies provoque une rsurgence des pratiques magiques. Seuls quelques mdecins grecs tels Oribasius, Alexandre de Tralles et Paul dÉgine, derniers reprsentants de la mdecine classique, qui perptuent une tradition dinvestigations et de progrs mdicaux face la superstition et la stagnation de la rflexion scientifique.
4.1.Mdecine arabo-musulmane :

Au viie sicle, une grande partie du monde oriental a t conquis par les Arabes. Ceux-ci ont hrit des connaissances mdicales du monde grec antique, acquises notamment en Perse : lcole de Nisibis (fonde par lÉglise chrtienne nestorienne et dont lorganisation en dpartements thologie, philosophie et mdecine en fait la premire universit moderne), en particulier, est riche de manuscrits de nombreux textes classiques qui avaient t perdus lors de lincendie de la bibliothque dAlexandrie en 47 av. J.-C. Les traductions et commentaires en arabe des textes grecs et persans effectus entre le viiie et le xe sicle jouent un rle fondamental dans le dveloppement de la mdecine arabe. Au ixe sicle, la ville de Bagdad devient un centre intellectuel florissant ; la Bayt al-hikma ( Maison de la Sagesse ), fonde vers 832, sont produits lessentiel des ouvrages mdicaux majeurs de lpoque, qui associent des traductions des textes classiques ainsi que des productions originales de leurs auteurs. Ainsi, Ibn Massawayh (776-855, dit Msu lAncien dans le monde latin), premier directeur de la Maison de la Sagesse et traducteur (vers larabe) de nombreux ouvrages grecs et persans, invente aussi un certain nombre de nouveaux traitements et rdige nombre douvrages mdicaux (notamment le Livre des axiomes mdicaux, An-Nawardir at-Tibiya). Son lve Ibn Ishq (v. 809-873, dit Johannitius) est quant lui lun des traducteurs douvrages antiques les plus renomms du monde mdival. Directeur de lhpital de Bagdad, al-Razi, dit Rhazs ((v. 864-v. 925), est lauteur dune soixantaine de traits mdicaux, dont le Kitab al-Hawi (traduit en latin par Liber continens, le livre contenant toute la mdecine ), encyclopdie en 20 volumes compilant les connaissances mdicales grecques, perses et arabes de lpoque, enrichies par ses propres observations et expriences. Il est aussi le premier clinicien identifier et dcrire la variole et la rougeole. Son contemporain Isaac ben Solomon Israeli (v. 850v. 950, en arabe Ishq ibn Sulayman al-Israili), install Kairouan partir de 904 environ et mdecin personnel des premiers califes fatimides de Tunisie, se place au rang des plus illustres mdecins mdivaux. Auteur du premier livre entirement ddi la dittique, le Livre des simples et de la dittique (Kitab al-adwiya al-mufrada walaghdhiya, traduit en latin sous le titre Diaetae Universales et Particulares), il est aussi connu pour ses Livre des fivres (Kitab al-Hummayat) et Livre des urines (Kitab al-Baul).
Cordoue, mirat omeyade, est galement un centre intellectuel de premire importance du monde arabo-musulman ; au xe sicle, sa bibliothque conserve quelque 600 000 ouvrages. Sy illustre notamment Abul Qasim (v. 936-1013, dit Albucasis), mdecin personnel du calife de Cordoue ; le livre consacr la chirurgie de son trait Al-Tasrif (la Pratique) est en effet considr comme le sommet de la chirurgie mdivale.
Parmi les travaux qui ont marqu la mdecine arabe mdivale, il convient de citer le Canon de la mdecine dAvicenne (980-1037) qui, considr comme la synthse exemplaire des doctrines dHippocrate, dAristote et de Galien, influencera lenseignement occidental de la mdecine jusquau xvie, voire jusquau xviie sicle par endroits. Ibn Zuhr (1091-1161), connu en Occident sous le nom dAvenzoar, dcrit le parasite de la gale et est lun des premiers remettre en cause lautorit de Galien. Au xiie sicle, Ibn Ruch, dit Averros, rdige un grand trait de mdecine, le Kitab al-Kulliyyat ( livre des gnralits , traduit en latin sous le titre de Colliget) ; il est aussi reconnu comme le plus grand commentateur dAristote. Mamonide, lve dAverros, est lauteur de remarquables travaux sur lalimentation, lhygine et la toxicologie ; on lui attribue galement un serment mdical posant des principes thiques ( la prire dun mdecin ). Ibn al-Nafīs (1205-1288), connu aussi sous le nom dAl-Quarashi), rdige des commentaires sur les crits dHippocrate et des traits sur lalimentation et les maladies des yeux. Il est galement le premier dcrire la circulation pulmonaire, passage du sang du ventricule droit au ventricule gauche via les poumons.
Tous ces savants ont lev les exigences de la profession en mettant laccent sur les examens que devaient passer les mdecins avant de pouvoir exercer. Ils ont introduit de nombreuses substances thrapeutiques et excell dans les domaines de lophtalmologie et de lhygine publique ; leur comptence tait bien plus leve que celle des mdecins de lEurope mdivale.

4.2.Mdecine europenne :
LEurope mdivale prcoce souffre dune dsorganisation complte de la communaut mdicale laque. Afin de subvenir aux besoins mdicaux, une forme de mdecine ecclsiastique voit le jour, tirant son origine des hpitaux monastiques. Elle se dveloppe rapidement sous forme dinstitutions charitables conues pour soigner les nombreux patients atteints de la lpre ou dautres maladies. Les bndictins sont tout particulirement actifs dans ce domaine, recueillant et tudiant les textes mdicaux anciens dans leur bibliothque du Mont-Cassin en Italie. Saint Benot de Nursie, fondateur de lordre, impose ses membres ltude des sciences, et en particulier la mdecine.
À lpoque du thologien franc Rabanus Maurus, Fulda devient un centre denseignement clbre en Allemagne. Au ixe sicle, en raison des efforts de Charlemagne, la mdecine est introduite dans lenseignement des coles cathdrales. À linverse, lecclsiastique franais Saint Bernard de Clairvaux interdit aux moines cisterciens ltude des ouvrages mdicaux ainsi que lutilisation de remdes autres que les prires.
Au cours des ixe et xe sicles, lancienne station sanitaire de Salerno, prs du Mont-Cassin, devient progressivement un centre mdical reconnu. Au dbut du xie sicle, la premire cole de mdecine occidentale est construite Salerne. Lenseignement, dordre pratique et sculier, met laccent sur lalimentation et lhygine personnelle. Le mdecin et traducteur Constantin lAfricain (v. 1015-v. 1087) qui, n Carthage, devient moine bndictin labbaye du Mont-Cassin, traduit (darabe en latin) et adapte de nombreuses sommes mdicales pour les lves de Salerne et du Mont-Cassin. Au xiie sicle, linstruction mdicale devient de plus en plus thorique et scolastique. Des universits de mdecine sont cres Bologne, Padoue, Montpellier, Paris, Oxford Par ailleurs, vers 1141-1143, larchevque Raymond de Tolde fonde, Tolde, un collge de traducteurs qui, se consacrant la traduction en latin des manuscrits mdicaux arabes, permettent aux connaissances mdicales arabes et grecques de commencer diffuser dans lOccident mdival. Parmi eux figure en particulier Grard de Crmone (1114-1187), traducteur dAlbucasis, Avicenne, Rhazs, Isaac Israeli, etc.
À partir du xiiie sicle, la fin de leurs tudes, les mdecins doivent passer un examen devant leurs pairs avant dexercer leur art. Les savants reprsentatifs de cette priode sont le scolastique allemand saint Albert le Grand, qui tudie et commente les ouvrages scientifiques dAristote, et le philosophe anglais Roger Bacon, qui mne des recherches en optique. Roger Bacon a t le premier suggrer que la mdecine pouvait utiliser des remdes produits par la chimie. Considr comme un penseur original et un pionnier de la science exprimentale, il est pourtant domin par lautorit des auteurs grecs et arabes.
En Italie, les universits de Bologne et de Padoue deviennent, au xiiie sicle, des centres mdicaux de premier plan. À cette poque, le statut social du chirurgien est infrieur celui du mdecin. Nanmoins, des avances importantes sont effectues par les chirurgiens Ugo Borgognoni da Lucca (1180-1258, connu aussi sous le nom de Hugues de Lucques) et son fils Teodorico (1206-1298), qui exercent et enseignent Bologne. Ils contredisent les enseignements de Galien sur le traitement des fractures, des luxations et des blessures, et prconisent lendormissement des patients avant les oprations. Ils recommandent aussi que les plaies soient nettoyes et assches (auparavant, on pensait quil fallait laisser le pus sy former pour obtenir la cicatrisation), puis refermes le plus vite possible. Guillaume de Salicet (1201-1277), qui exerce Bologne, et son lve Guido Lanfranchi (v. 1240/1250-v. 1306), sont les pionniers de lanatomie chirurgicale. Vers 1300, luniversit de Bologne, on recommence, pour la premire fois, raliser des dissections de cadavres : les erreurs des anciens peuvent ainsi commencer tre leves.
Élve de Teodorico Borgognoni et de Guillaume de Salicet, le Franais Henri de Mondeville (1260-1320), chirurgien des rois Philippe le Bel et Louis le Hutin, est linitiateur et le dfenseur, en France, du traitement aseptique des plaies et de lutilisation des sutures ; il est aussi lauteur dun volumineux trait novateur (Cyrurgia). Guy de Chauliac (v. 1280/1300-1368) ralise quant lui la premire description clinique de la peste en 1348 ; auteur de Chirurgica Magna (Grande Chirurgie, 1363), somme chirurgicale en 7 traits, il est considr comme le pre de la chirurgie moderne. Il insiste sur limportance des dissections anatomiques au cours de la formation du chirurgien. Il est, en outre, linventeur de nombreux instruments chirurgicaux.

5.MÉDECINE DE LA RENAISSANCE :
La Renaissance nest pas marque par une rupture brutale dans la pense mdicale, mais par un fort regain dactivit dans le domaine des recherches en anatomie et en pathologie, qui entrane la progressive remise en question de dogmes admis sans rserve depuis lAntiquit. Par ailleurs, la mdecine bnficie des travaux des artistes de la Renaissance, qui sintressent lanatomie notamment celle des muscles dans le but de mieux dessiner le corps humain. Lonard de Vinci, tout particulirement, ralise des dessins anatomiques remarquablement prcis en se fondant sur la dissection de corps humains. Cependant, son travail, dont la plus grande partie a t perdue, na finalement quune influence mineure sur ses contemporains.
En 1543, la publication du trait danatomie De Humani Corporis Fabrica (la Fabrique du corps humain) par lanatomiste flamand Andr Vsale constitue un vnement dterminant de lhistoire mdicale. Ralisant de nombreuses dissections de cadavres humains, il est en effet le premier mettre en vidence les nombreuses erreurs hrites de lenseignement de Galien (dont les observations avaient t ralises non sur le corps humain, mais sur celui danimaux, notamment de singes). En dpit des vives contestations quils suscitent dans un premier temps, ses travaux marquent la naissance de lanatomie moderne. À sa suite, de nombreux anatomistes vont raliser des observations et dcouvertes fondamentales. Ainsi lanatomiste et chirurgien italien Gabriel Fallope, auteur dObservationes anatomicae (Observations anatomiques, 1561) dcrit les trompes utrines qui portent aujourdhui son nom (trompes de Fallope), ainsi que le tympan. Il diagnostique des maladies des oreilles laide dun spculum auriculaire et dcrit en dtail les muscles oculaires et les canaux lacrymaux. Galien est galement contredit par le mdecin espagnol Miguel (dit en franais Michel) Servet, qui dcrit correctement la circulation du sang dans les poumons et montre que la digestion est la source de la chaleur corporelle.
Durant la premire moiti du xvie sicle, le mdecin et alchimiste suisse Paracelse rompt avec la tradition en brlant les traits de mdecine classique, en professant en allemand (au lieu du latin, langue des rudits), et en dcouvrant de nouveaux remdes chimiques. Le chirurgien franais Ambroise Par, qui publie ses travaux en franais (et non en latin, jusque-l unique langue de transmission des connaissances), fait faire des progrs considrables aux techniques curatives des plaies importantes, en proposant la ligature des artres en lieu et place de la cautrisation au fer rouge alors employe. Le pote et mdecin italien Girolamo Fracastoro (1483-1553), dit Jrme Fracastor, parfois considr comme le pre de lpidmiologie scientifique, montre le caractre spcifique des fivres et dcrit le typhus. Il publie en 1530 un pome mythologique qui lui sert de cadre une description minutieuse de la syphilis, Syphilis ive Morbus Gallicus ( la syphilis ou maladie des Gaulois ). Sa thorie selon laquelle les maladies infectieuses sont transmises par des graines de contagion invisibles, capables de se reproduire, fait de lui le prcurseur des thories bactriologiques modernes.

6.LAUBE DE LA MÉDECINE MODERNE :
Lvnement qui domine la mdecine du xviie sicle et marque le dbut dune nouvelle poque pour la science mdicale est la dcouverte de la circulation sanguine et du rle moteur du cur par le mdecin et anatomiste anglais William Harvey, qui publie en 1628 ses conclusions dans Exercitatio Anatomica de Motu Cordis et Sanguinis in Animalibus (Essai danatomie sur le mouvement du cur et du sang chez les animaux). Il tablit que le cur pompe le sang lintrieur dun circuit ferm. Avec la dcouverte de la circulation pulmonaire effectue par Michel Servet, et celles des chylifres (petits vaisseaux lymphatiques des villosits de lintestin grle) et des capillaires sanguins par les anatomistes italiens Gasparo Aselli (v. 1581-1626) et Marcello Malpighi respectivement, le systme circulatoire est dsormais complet.
En Angleterre, le mdecin Thomas Willis (1621-1675) explore lanatomie du cerveau et du systme nerveux. Il est le premier identifier le diabte sucr et dcrire de nombreuses pathologies nerveuses. Le mdecin anglais Francis Glisson (1597-1677) pose quant lui les bases de la connaissance moderne de lanatomie du foie et dcrit le rachitisme. Le mdecin anglais Richard Lower (1631-1691) effectue un travail fondamental sur lanatomie du cur mais, surtout, ralise lune des premires transfusions sanguines russies. Ses travaux compltent ceux des autres membres du groupe dOxford, Robert Boyle et Robert Hooke, pionniers dans le domaine de la connaissance de la physiologie de la respiration.
Toujours au xviie sicle, le philosophe et mathmaticien franais Ren Descartes effectue des dissections, tudie lanatomie de lil et le mcanisme de la vision. Il soutient que le corps fonctionne comme une machine, point de vue galement dfendu par le mdecin italien Santorio Santorio (qui publie sous le pseudonyme de Sanctorius, 1561-1636), qui tudie le mtabolisme et invente le premier thermomtre muni dune chelle gradue (1608), et le mathmaticien et astronome italien Giovanni Alfonso Borelli (1608-1679), qui propose une explication des mouvements du corps fonde sur les principes de la mcanique (De muto animalium du mouvement animal , publi titre posthume en 1680-1681). Jan Baptist Van Helmont, mdecin et chimiste flamand, est le fondateur dun courant de pense oppos, connu sous le nom de iatrochimie, selon lequel la vie est une srie de processus chimiques ; il dcouvre notamment laction du suc gastrique dans la digestion. Son travail a t prcd par celui de lanatomiste prussien Franciscus Sylvius (1614-1672), qui a tudi la chimie de la digestion et mis laccent sur le traitement des maladies par les mdicaments.
Le mdecin anglais Thomas Sydenham ralise dimportantes tudes sur le mcanisme des pidmies, et diffrencie la scarlatine de la rougeole. Il met laccent sur lapproche clinique de la mdecine et rtablit limportance de lenseignement au chevet des malades, ce en quoi il est suivi par le mdecin hollandais Hermann Boerhaave. Dans les annes 1630, lintroduction en Europe de la poudre dcorce de quinquina (connue sous le nom de poudre des Jsuites), qui deviendra plus tard la quinine, marque un progrs important dans la lutte contre la malaria (ou paludisme).
Au xviiie sicle, aprs les dcouvertes de lastronome polonais Nicolas Copernic, du physicien et astronome italien Galile et du mathmaticien anglais Isaac Newton, la mdecine tend sadapter aux exigences des investigations scientifiques modernes. De nouvelles perspectives souvrent aux mdecins, et le xviiie sicle reprsente aussi une priode au cours de laquelle diverses thories plus ou moins contradictoires, certaines plus ou moins errones, sont proposes.

7.LE MÉDECINE DU XIXE SIÈC :
De nombreuses dcouvertes du xixe sicle conduisent des avances importantes dans le domaine du diagnostic, du traitement des maladies et de la chirurgie. Le diagnostic des troubles pulmonaires connat ainsi un progrs important grce la publication, en 1808, de la Nouvelle mthode pour reconnatre les maladies internes de la poitrine par la percussion de cette cavit ; traduit par Jean-Nicolas Corvisart (1755-1821, mdecin personnel de Napolon Bonaparte), ce trait avait t publi en 1761 par le mdecin autrichien Leopold Auenbrugger von Auenbrugg (1722-1809), mais sa diffusion tait reste trs confidentielle. En 1819, le mdecin franais Ren Laennec invente le stthoscope toujours en usage aujourdhui ; Thomas Addison, par ses travaux, est le fondateur de lendocrinologie. La priode est aussi la description de maladies, qui prennent souvent le nom du scientifique qui les a tudies ; ainsi Thomas Hodgkin (1798-1866) dcrit une maladie maligne du tissu lymphatique appele aujourdhui maladie de Hodgkin, tandis que le chirurgien James Parkinson dpeint le tableau clinique de la maladie de Parkinson.

8.MÉDECINE DES XXE ET XXIE SIÈCLES :
Au xxe sicle, de nombreuses maladies infectieuses sont vaincues grce aux vaccins, aux antibiotiques et lamlioration des conditions de vie. Le cancer devient une maladie plus courante, et une des premires causes de mortalit, mais les traitements, qui combattent efficacement certaines formes de la maladie, se dveloppent. La recherche fondamentale progresse galement beaucoup. Des dcouvertes importantes sont ralises dans de nombreux domaines, spcialement en ce qui concerne les bases de la transmission des caractres hrditaires ainsi que les mcanismes chimiques et physiques du fonctionnement crbral.

8.1.Gntique :
Lune des dcouvertes fondamentales du xxe sicle est la comprhension de la transmission des caractres hrditaires. Une avance importante, ralise par Oswald Theodore Avery et ses collaborateurs dans les annes 1940, montrent que les caractres gntiques peuvent passer dune bactrie une autre grce une substance appele acide dsoxyribonuclique (ADN). En 1953, le physicien anglais Francis Harry Compton Crick et le biologiste amricain James Dewey Watson proposent une structure en double hlice pour lADN permettant dexpliquer le transport de linformation gntique. Le biochimiste amricain Marshall Warren Nirenberg apporte les dtails essentiels de ce schma dans les annes 1960, et le biochimiste amricain dorigine indienne Har Gobind Khorana ralise la synthse dun gne en 1970. À la fin des annes 1970, les scientifiques dveloppent des mthodes capables daltrer les gnes. Ces procds, et ceux du mme type, constituent lingnierie gntique. Ils ont t appliqus la production de grandes quantits de substances humaines pures, comme les hormones et linterfron.

8.2.Chirurgie :
Au cours de la seconde moiti du xxe sicle, des oprations particulirement dlicates sont ralises. En 1962, un bras compltement coup au niveau de lpaule est rimplant, pour la premire fois, avec succs. Des procdures courantes et moins spectaculaires concernent la greffe de doigts et dorteils amputs accidentellement. Cette chirurgie rparatrice a t rendue possible par les microscopes opratoires grce auxquels les chirurgiens peuvent suturer et raccorder les nerfs et les vaisseaux. Des articulations synthtiques de la hanche permettent aux personnes atteintes darthrite de marcher nouveau. Linsuffisance rnale, autrefois fatale, est couramment traite, soit par une transplantation de rein, soit par un traitement au long cours par un rein artificiel (dialyse). En 1975, un grand essai exprimental montre que les diabtiques porteurs de lsions des vaisseaux oculaires peuvent tre sauvs de la ccit par un traitement au rayon laser. Certains cas graves dpilepsie sont actuellement guris en rsorbant la rgion crbrale responsable avec une sonde rfrigrante lazote liquide.
Les annes 2000 ont vu la ralisation de plusieurs oprations remarquables constituant chacune dans leur domaine des premires mondiales. Cest ainsi quen 2000, en France, une quipe de dix-huit chirurgiens, dirige par le Franais Jean-Michel Dubernard (1941- ) et de lAustralien Earl Owen, ralise la premire greffe des deux mains. En juillet 2001 est greff sur un patient au États-Unis le premier cur artificiel autonome puis, en septembre 2001, a eu lieu la premire opration chirurgicale effectue distance par lintermdiaire dun robot pour cette ablation de la vsicule biliaire, le chirurgien se trouve New York, 7 500 km de sa patiente, hospitalise au CHU de Strasbourg. En novembre 2005, une quipe dirige par les Franais Bernard Devauchelle et Jean-Michel Dubernard, tente et russit la premire greffe partielle de visage.

8.3.Lutte contre les maladies infectieuses :
De nombreuses maladies infectieuses ont t vaincues au xxe sicle grce lamlioration du systme sanitaire, aux antibiotiques et aux vaccins. Le traitement des infections par des mdicaments spcifiques commence avec la dcouverte par le mdecin allemand Paul Ehrlich de larsphnamine, un compos contenant de larsenic, comme traitement de la syphilis. En 1932, le biologiste allemand Gerhard Domagk dmontre lefficacit du colorant prontosil rubrum contre les infections staphylocoque. La dcouverte du principe actif du prontosil, la sulfanilamide, conduit la synthse des sulfonamides antibiotiques. La purification de la pnicilline en 1938 par les biochimistes britanniques Howard Florey et Ernst Chain suit de dix ans la dcouverte par Alexander Fleming de lactivit antibiotique de germes des moisissures Penicillium notatum. La survenue de la Seconde Guerre mondiale conduit une production immdiate et grande chelle de la pnicilline, pargnant ainsi de nombreuses vies humaines.
Un antibiotique spcifique contre la tuberculose, la streptomycine, est galement dcouvert. La lpre est traite efficacement par des mdicaments appels sulfones, et le paludisme par des drivs chimiques de la quinine, extraite de lcorce du quinquina. Les mdicaments antiviraux restent encore rares, si bien que les vaccins sont souvent le seul rempart contre les maladies virales. Parmi les premiers vaccins figure celui contre la variole, dcouvert par Edward Jenner en 1796 ; celui contre la fivre typhode dvelopp par le bactriologiste britannique Almroth Wright (1861-1947) en 1897 ; celui contre la diphtrie mis au point en 1923 ; celui contre le ttanos dcouvert dans les annes 1930.
Une avance dcisive dans la prparation des vaccins survient dans les annes 1930 avec le dveloppement, par les microbiologistes amricains John Franklin Enders (1897-1958) et Frederick Chapman Robbins (1916-2003), dune mthode permettant de faire crotre des virus dans des cultures tissulaires. Cela permet le dveloppement des vaccins contre la fivre jaune, la poliomylite, la rougeole, les oreillons et la rubole. Au dbut des annes 1980, lingnierie gntique donne naissance aux vaccins contre lhpatite B, la grippe, lherps simplex et la coqueluche.
Toutefois, la lutte contre les maladies infectieuses devient plus difficile dans la seconde partie du xxe sicle. La mdecine se trouve en effet confronte deux grands types de phnomnes proccupants : dune part lapparition de rsistances des bactries aux antibiotiques ou des parasites notamment le plasmodium responsable du paludisme aux antiparasitaires(un phnomne quelle a elle-mme gnr par lutilisation massive de ces derniers) ; dautre part tout un ensemble de maladies mergentes ou rmergentes, telles la lgionellose, la fivre Ebola ou encore le sida.

8.4.Immunologie :
Jusquau xxe sicle, les connaissances sur le systme immunitaire sont limites. On connait principalement sa production danticorps en rponse une infection ou une immunisation. Au cours des annes 1930, limmunologiste allemand Karl Landsteiner montre la spcificit des ractions des anticorps. Les scientifiques dcouvrent galement quil existe une varit infinie de molcules danticorps (ou immunoglobulines). Le rle de limmunoglobuline E est dmontr dans la survenue des ractions allergiques, et, dans les annes 1950, la structure gnrale des immunoglobulines a t dchiffre.
Il est mis en vidence que le systme immunitaire est responsable des ractions dues au facteur rhsus lors des accouchements, ainsi que des checs lors des greffes. Ces observations conduisent au dveloppement dun antisrum qui limine efficacement la raction due au facteur rhsus, ainsi qu lutilisation de mdicaments capables de neutraliser temporairement le systme immunitaire pour lutter contre les rejets de greffe (traitements immunosuppresseurs). La formation danticorps est aussi reconnue responsable des ractions aux transfusions sanguines. Le typage du sang, qui permet de dterminer les groupes sanguins, fait de la transfusion une procdure sre et largement rpandue.
Au cours de la seconde moiti du xxe sicle, les scientifiques dcouvrent une composante importante du systme immunitaire, appele immunit cellulaire, qui est constitue par les lymphocytes. Cette dcouverte a permis, notamment, de corriger des dficiences immunitaires hrditaires en ralisant des injections de cellules sanguines prleves dans la moelle osseuse de proches parents.









 

2010-03-17, 17:38   : 2
hakim_17
 
  hakim_17
 

 

 

barakAllahou fik et merci infiniment









2011-10-11, 23:32   : 3
88
 
  88
 

 

 
Hourse

franchement j'ai lu que les sous titres

mais je vais imprimer pour lire avec prudence

merci pour le sujet qui donne lles ides et au mme temps les dfinitions

===========

messalutations








2011-10-12, 19:09   : 4
hichem95
 
  hichem95
 

 

 

meeeeeeeeeeeerciiiiiiiiiiiiiiiiiiiii









2015-03-30, 18:47   : 5
guapo0110
 

MERCIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII bcp









2015-09-22, 12:29   : 6
kadery2085
 

merci, c'est agreable a lire










(Tags)
histoire, medcin

« | »



12:46

ء
...


2006-2020 www.djelfa.info - (. . )

Powered by vBulletin .Copyright © 2018 vBulletin Solutions, Inc