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Les batailles glorieuses des Ouled Nail

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La cite le port et le môle d'Alger 1775 La cite le port et le môle d'Alger 1775

Les batailles glorieuses des Ouled Nail. Nous avions parlé dans un article précédent de la nomination au début de 1775, d’un homme exceptionnel à la tête du beylik du titteri qu’il commanda pendant 20 ans. En l’occurrence le bey Ouznadji. Homme sage. Cette nomination a permis le rapprochement des Ouled Nail, qui ne payaient plus d’impôts depuis la mort du bey Osman, tué par les Ouled si Ahmed en 1756 puis dix ans plus tard, du bey Softa décapité par les Ouled si M’hamed toujours sous le commandement des Ouled si Ahmed. Le bey Ouznadji ou le constructeur de poudrière était un homme affable. Il s’attacha à capter la confiance des djouades et des notables, surtout les chefs de guerre auxquels il rendait à toute occasion les plus brillants honneurs et qu’il combla de cadeaux de toutes sortes. En retour ceux-ci l’aidèrent dans ses expéditions. Il fit rentrer les Ouled Si Ahmed dans l’obéissance et leur chef Lakhel ben Greid, devenu son ami intime, lui offrit un cheval de Gaada. Le rapprochement de cette tribu détermina le reste des fractions de la confédération Naili.

C’est ainsi que lors des préparatifs de défense contre l’attaque d’Alger par l’expédition espagnole en 1775, commandée par le colonel O'reilly, Irlandais dont les compétences le désignèrent à ce poste. les Ouled Nail déjà en bonne entente avec le bey et voulant surtout participer à une guerre sainte contre les infidèles, s’organisèrent sous le commandement du Bey Ouznadji et avancèrent leurs cavalerie qui n’était armée que d’épées et de yatagans et de peu de fusils mais qui avaient l’expérience des coups de mains et du harcèlement de l’ennemi. Ils amenèrent aussi 10000 chameaux comme effort de guerre. Les chefs présents étaient le Dey d’Alger Mohamed ben Othman à la tête de ses 4000 cavaliers qui se place au niveau d’Ain Rbat, secondé par le ministre Khaznadji Hassan et du Khoja el-kheil, Mustapha Khoja. De Salah Bey de Constantine avec ses 15000 chameliers à grande majorité des Ouled Zekri et des Ouled Fredj certainement commandés par leurs chefs tels, Hani ben Hani des Ouled Harkat, Nasr ben M’barek des Ouled Ghrib (Ouled Fredj), Kholdi ben Kholdi ben Saidane , ainsi que Kabache et son ami Kouider ben Naam des Ouled Lakhdar, une partie des M’lakhoua qui dépendaient des bey de l’est. À l’est d’Alger le Bey Ouznadji à la tête de ses soldats et des fameux cavaliers Ouled Nail commandés par Lakhel ben greid. Probablement étaient présents ces chefs, avec à leurs tête greid el Hemdi le père de Lakhal (présence confirmée) , Chouiha farés baroud, Raach le père de Belgacem, ben gandouz, le père de Abddesselem et tant d’autres héros de cette époque, oubliés ou presque par l’histoire officielle et par les siens, si ce n’était ces pauvres documents glanés ça et là. Le second du bey d’Oran, Mohamed El Kebir à la tête de 4000 soldats. Le bey d’Oran ne pouvait se déplacer par peur de diversion de la part des Espagnols et ainsi dégarnir Oran et Mostaganem de toute défense. Les Espagnols et les Européens d’une manière générale étaient enragés pour occuper Alger qui leur restait comme un os au gosier. Les Algériens étaient les champions pour la défense de l'islam. Je voudrais au passage citer surtout les Oranais qui donnaient la frousse aux européens par leur dévotion, leur prestances d'hommes de hautes statures et leurs courages aux combats. Ce que la France plus tard pris en considération et essaya par tous les moyens d'effacer cette renommée. Cette expédition préparée minutieusement pendant plus de cinq ans a été confiée aux compétences guerrières du colonel Irlandais, mais elle se solda par un échec lourd face aux troupes menées par le Dey d’Alger et son gouvernement. L’effort de guerre est considérable de part et d’autre.

Les Espagnols apportent avec eux 22000 hommes, 300 navires et un matériel de guerre considérable. Face à eux la mobilisation Algérienne est importante. Le Dey d’Alger mobilise tous les beyliks qui envoient des contingents dont justement font partie les cavaliers Ouled Nail. Le vendredi 30 juin 1775, les Espagnols jettent l’ancre dans la baie d’Alger en face de l’embouchure d’El-Harrach, là où sont stationnées les forces de Ouznadji. Le premier juillet, la vigie (chaouaf) de bouzareah annonce l’arrivée d’une seconde flotte plus imposante. L’armada se compose de 6 vaisseaux de ligne, 14 frégates, 24 galiotes à bombes et 340 navires de transport. Le 2 juillet, à hauteur de Ain R’bat et durant trois jours, les Espagnols se préparent à débarquer. Le six juillet un navire attaque le fort de Oued Kniss et détruit une partie de l’enceinte, le fort riposte et touche la proue du navire et l'endommage, le 8 juillet les navires bombardent les environs d'El Harrach pour préparer le débarquement. d'après les récits, les espagnoles construisent un énorme retranchement de plus de mille mètres (1000m) derrière lequel ils placent une forte artillerie. Les espagnoles lancent alors une attaque contre Alger. L'armée du Dey s’avance pour les affronter près de la ville. La bataille tourne au désastre pour les Espagnols en raison d’une brillante attaque du contingent de l’ouest de Mohamed el Kebir, le désarroi des troupes Espagnoles est total lorsque les contingents de chameaux rentrent en charge et coupent le chemin de la retraite vers les bateaux. Les Espagnoles perdirent 8000 hommes et eurent 3000 blessés. Nous perdîmes 300 hommes. C’est ce qui se passa à quelques détails prés.

La présence du fort contingent des Ouled Nail, prit une part glorieuse aux succès remportés par les Algériens. Ce fut une brillante victoire pour l’islam dont le Bey Ouznadji eut une part appréciable pour la victoire. Son expérience de soldat très distingué se trouva conforté. Ses campagnes à l’intérieur contre les Ouled Nail dont les chefs devinrent ses amis et les Flitas avaient fait sa renommée. Son étoile brilla. Le Dey ben Othman le nomma bey de Constantine, poste tant recherché. Mais suite aux intrigues et à la jalousie, bêtise humaine aveugle, il fut étranglé. Certains disent que selon ses compétences, malheureusement le débarquement à Sidi Fredj des français aurait pris une autre tournure. Enfin voilà, ce qui devait arriver arriva.

Quand aux Ouled Nail, en plus de la pratique du combat dont ils avaient amplement l’expérience, connurent un autre type d’armement. Le butin fut considérable et d’importance et s’ils ne pouvaient pas ramener de canons et d’armements lourds, ils se dotèrent suffisamment de fusils à  silex et de fusils à mèche, sous la barbe des ‘’turcs’’ qui les considéraient encore pour rebelles et dangereux. Des spécimens de ces fusils existent encore chez certaines familles, qui les gardent précieusement comme des reliques. Les Ouled Nail regagnèrent leurs campements habillé de gloire et chargé de fusils. Cet armement permis aux Ouled Nail de faire un saut de haute qualité pour leur défense. Il leur permis un demi-siècle  plus tard de résister et de tenir tête pendant plus de vingt ans à l’une des plus puissantes armées du monde. Une armée moderne, suréquipée et surtout sans scrupule ni honneur, en l’occurrence l’armée française.

(*) Chouiha Abderrahman ben Ahmed. Fondation sidi Nail

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lecteur assidu 29/10/2020 18:48:35
comme à son habitude, Mr Chouiha nous éclaire des zones d'ombres.comme quoi les événements peuvent être oubliés mais ne disparaissent jamais. ces récits vont certainement intéresser les chercheurs de l'histoire. merci
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29/10/2020 18:52:40
مقال جذاب، هادف و هام. حبذا لو كان مترجم ليطّلع عليه عامة الناس، شكرا للأستاذ شويحة.
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Chouiha Abderrahmane Chouiha Abderrahmane

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Mots-clés:

Ouled Naïl, ouled sidi Nail, bey Osman, Bey Softa, Ouled Si Ahmed, titteri, mostafa el-waznadji ben sliman, Belgacem ben Raach, Lakhel ben greid, expédition espagnole

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