Home | Historique | Belgacem ben Raach

Belgacem ben Raach

Par
Taille de la police: Decrease font Enlarge font
Belgacem ben Raach

Notre Prophète, que le salut et les prières de dieu soient sur lui, dit que celui qui ne remercie pas les gens ne remercie pas dieu. C'est à dire que celui qui par sa nature et son éducation refuse le remerciement des gens du bien ou des services qu'ils lui ont rendus ne peut pas remercier dieu par sa mauvaise conduite. Notre Prophète dit que celui qui vous a fait du bien, payez le et remerciez le, et si vous ne pouvez le faire, priez pour lui jusqu'à ce que vous lui rendiez justice. Parce que l'ingratitude est une mauvaise conduite. Les gens vils ne rendent pas le bien et les mécréants font de même avec le bon dieu et puis que dit le maître qui apprend et éduque l'élève : je lui apprends à tirer à l'arc, quant son bras se fortifie, je deviens sa cible... L'ingratitude est pire que la traitrise. C'est l'aveugle qui casse sa canne lorsque la vue lui revient. C'est pire que le mensonge. Le sage dit, quand l'élève est prêt le maître viendra.

Le sujet de notre article se trouve être un homme d’importance, conservé dans la mémoire des siens comme une légende vivante  mais oubliait dans l’histoire de la nation et c’est cela même l’ingratitude. Pour se faire, il nous faut éclairer certaines zones d’ombres et mettre en place une certaine ambiance qui nous permettra de placer les choses et les personnages dans leur contexte.

Nous disions donc qu’en 1517, le célèbre fondateur de la régence d’Alger, Baba Aroudj, occupa la ville de Médéa après avoir défait à Oued Djer dans la Mitidja l’armée de Hammad ben Abid. Il laissa dans cette ville une garnison de soldats turcs et quelques andalous émigres que ses galères avaient amenés d’Espagne à Alger. L’année suivante en 1518, forcé de quitter le Méchouar à Tlemcen, il succomba de ses blessures prés de l’Oued Mellah (rio salado). Khereddine le frère d’Aroudj, resta seul chef du gouvernement. Ayant obtenu du sultan Selim,( père du sultan Soliman le législateur) l’investiture du Pachalik d’Alger. Il reçu de Constantinople et des villes d’Orient un renfort de quelques 2000 janissaires. Grace à ce secours et surtout à l’influence que lui donna le titre de Pacha, il pu étendre sa domination, en augmentant sensiblement les garnisons et en fortifiant à l’intérieur du pays, les points les plus importants. Ces points devinrent des Nouba (garnisons), bases de la première organisation politique et militaire de la régence d’Alger. Le territoire couvert par les Nouba fut divisé en trois gouvernements distincts qui en raison de leur situation géographique furent appelés Beylik de l’est de l’ouest et du sud. Chaque nouba était composée d’un certain nombre de seffra et une seffra était composée de 16 hommes qui représentaient une tente. Il y avait approximativement 1750 janissaires de garnison qui quadrillaient le pays et le tenaient sous contrôle… Les chefs de ces gouvernements, choisis parmi les turcs de la milice, avait le titre et les honneurs de Bey pour un mandat de trois ans. Le gouvernement du sud organisé sous Hassan Pacha (un renégat sarde) et fils adoptif de Khereddine, fut appelé Beylik du titteri. Aucun document ne précise exactement la date d’organisation de ce beylik. Jusqu’en 1770, les tribus du sud de la Kabylie du Sebaou des beni Sliman relevaient du titteri et payaient leur tribu au bey du titteri. Les difficultés de gouverner les tribus turbulentes du Sebaou et des tribus du sud en révoltes incessantes contraignirent le Pacha à diviser le commandement. Cette séparation se passa probablement vers 1775. Mostafa el-ouznadji fut le premier Bey qui résida en permanence à Médéa. Les 18 bey qui gouvernèrent le titterri depuis 1540 jusqu’à 1775 en 235 ans ne laissèrent aucu souveni digne d’être mentionné à l’exception de Osman et Softa. Tués par les Ouled Nail. Le bey Osman construisit le grand magasin de garnison (haouch Osman) qui équipait les noubas (m’halla) pour faire les razzia au sud et spécialement chez les Ouled Nail. Le haouch Osman fut le point de départ de toutes les expéditions ou plutôt des coups de mains que le bey tenta contre nos contrées. Osman bey vaincu dans une de ces expéditions aventureuses fut pris par les Ouled Nail (commandés par les Ouled si Ahmed), qui lui tranchèrent la tète. Cet échec effraya probablement les quatre successeurs d’Osman qui ne tentèrent plus aucune entreprise contre les Ouled Nail, qui pendant plusieurs années ne payèrent plus aucun impôt au gouvernement turc.

Enfin vers 1772 ou 73 le bey Softa tenta une expédition contre les Ouled Nail. mais suivant la tradition, ceux-ci furent prévenus par leurs « chaouaf » de l’arrivée de la colonne et eurent le temps d’appeler à leur secours les cavaliers des tribus voisines. Puis ils attirèrent Softa qui se lança imprudemment dans leurs campements tandis que presque toute la cavalerie Nailienne était embusquée derrière les collines. A peine la colonne turc fut elle engagée que les cavaliers, franchissant les mamelons qui les masquaient, tombèrent sur l’arrière-garde du bey qui fut tué avec un grand nombre de soldats réguliers et de cavaliers du makhzen. On montre encore aujourd’hui le mamelon du bey, Koudiat el-bey au sud du Zarhez, ainsi nommé depuis cet évènement mémorable. Les gens du pays chantent encore l’épigramme suivant, Ya Softa ya wajh nar ettawria mahfoura Wa mjaladha bejld hamar Et chantent encore pour ceux qui savent : attia labbes jeld nhass ma yeguetlouch errassas…. Parce qu’il portait la cote de maille enlevée au bey qu’il venait de tuer…

Ces échecs successifs décidèrent le gouvernement à établir à Médéa le siège permanant du beylik du titteri, ce qui permettait d’agir de façon immédiate sur les populations nomades que leur extrême mobilité et la turbulence de leur caractère rendaient très difficile à gouverner. Il s’agissait aussi de raffermir l’autorité chancelante des Pachas, de rétablir leur influence et de faire rentrer dans le devoir nombre de tribus qui se dispensaient de payer l’impôt.

Pour une tache pareille, il fallait à la fois un homme qui fut soldat et administrateur. Ce fut mostafa el-waznadji ben sliman, homme remarquable à tous égards qui fut nommé bey du titteri. A peine installé, il réorganisa tout sur une nouvelle base beaucoup plus efficace. Ouaznadji s’attaqua à gagner la confiance des djouad et des notables auxquels il rendait à toutes les occasions les plus brillants honneurs et qu’il combla de cadeaux en retour, ceux-ci l’aidèrent dans ses expéditions. Il fit rentrer les Ouled si Ahmed dans l’obéissance et gagna la confiance de leur chef Lakkhel ben greid qui lui amena un cheval de gaàda. Le geste de cette tribu détermina les Ouled Amer, commandé par El-Makri et bientôt de toutes les fractions Naillienne.

En 1775, lors de l’expédition espagnole commandée par Orrely les Ouled Nail contribuèrent fortement à la défense d’Alger. En 1794 el Awaznadji fut nommé bey de Constantine et malheureusement tout de suite étranglé. Vers 1801, le bey Hassen fit plusieurs sorties heureuses contre les Ouled Nail. Le territoire du titteri était composé du tell dhahraoui (sabaa awtane). Tribus tranquilles et stables qui habitaient des maisons et des gourbis et pendant l’été des tentes et du tell gabli, tribus habitants sous la tente et nomades dans un cercle restreint. Enfin le cercle du sud, composé essentiellement de tribus nomades qui habitaient sous la tente. Une bonne partie de ces tribus devinrent Azel, c'est-à-dire qu’elles relevaient directement du Khodja el kheil du gouvernement du Pacha. Une période de d’instabilité et de razzia. A cette époque le mouvement des tribus nomades était surveillé par les ouled mokhtar gheraba sous les ordres de Lakhdar ben Kouider. Ce chef fit un jour prévenir Ibrahim bey que les Ouled Nail insoumis étaient campés au nord de Zarhez. Il organisa une colonne forte aidé par les Abid les douairs , les ouled Mokhtar et alla les razzier. Ibrahim ksantini succéda à cet ibrahim. De 1817 à 1819. Il fit plusieurs expéditions dans le sud, coups de main parfois heureux. Il fut secondé par Dehilis ben Ahmed des Ouled Mokhtar. La principale de ces razias porta sur les Ouled Dia, tribu qui a presque toujours relevé des caïdats du nord, ce qui, peut être les éloigna quelques peux du reste des Ouled si M’hamed.

Les Ouled Dia sont commandé par BELGACEM BEN RAACH. Cette tribu campait à matmora (versant sud du djebel sahari). Elle ne se soumit qu’après un combat acharné et sanglant où le bey perdit une bonne partie de ses effectifs. Le butin fut considérable. 2000 chameaux et 10000 moutons furent enlevés aux ouled Nail. Au bout de six jours la colonne rentra à Médéa précédée de mulets portant trois chouari remplis de tètes des révoltés qui selon l’usage barbare, décorèrent les remparts de la ville. Un certain mostafa de Miliana fut appelé par le Pacha à remplacer le sinistre ibrahim bey. Au bout de six mois lui succéda Moustafa Boumezrag qui clos ainsi les beys du titteri. Depuis elwaznadji aucun bey ne réunit de si hautes qualités et n’eut une aussi sage administration que ce Boumerzag. La politique prônée par Yahia Agha amena la soumission définitive des Ouled Nail. Yahia avait su par sa générosité, la douceur de son caractère et surtout sa bravoure chevaleresque, gagner la confiance et même l’affection des notables dont il avait flatté l’orgueil en les comblant de présents et d’honneurs. Ces qualités ont plus fait pacifier le sud que les razias. C’est ainsi que Mokri des ouled Amer, Belgacem ben Raach des Ouled Dia, Telli des Ouled si Ahmed et tant d’autres devinrent ses amis intimes. A partir de cette date, les Ouled Nail cessèrent de relever du bey du titteri et devinrent raia ou tributaires de l’agha d’Alger. Hassan Gueritli fut nommé caïd des Ouled Nail et vint demeurer parmi eux.

Revenant à Moustafa Boumerzag, ce bey de concert avec Ahmed ben Kechida des ouled Mokhtar, continu de faire des razias sur son territoire. En 1825 il fut informé de la présence à Seghouane pour acheter du blé, des Larbaa commandé par Ahmed ben sofataira et des ouled Dia commandé par Belgacem ben Raach. Les ouled Nail décampèrent sans payer la (heussa). C’est probablement suite à cette affaire que le bey voulant châtier les ouled nail, fut pris de court et attaqué la nuit par Belgacem ben Raach. La tradition rapporte que la colonne turque fut attaquée d’abord par des chameaux chargés d’alfa et enduits de poix. Ce qui provoqua une grande panique dans la mhalla. Les turcs se retirèrent  avec des pertes. Quelques temps après un émissaire tout habillé de noir raconte la tradition, monté sur un cheval noir, vint se renseigner sur les faits. Il invita Belgacem ben Raach à se rendre à Alger chez le Pacha. Croyant qu’il allait être décoré d’une chohra ou d’une caïdat  pour ses faits d’armes et sa bravoure, il fut jeté du haut des remparts de bab djedid. D’autres disent qu’il eut la tète tranchée dans le « khachekhache ». Un épigramme sur ce sujet existe, nous n’avons pu l’avoir. Ceci se passa probablement vers 1822, les documents sont avares sur ce sujet…

(*) Chouiha Abderrahman ben Ahmed. Fondation sidi Neil

lectures : 699

Subscribe to comments feed Commentaires (1 posté)

avatar
عبدالقادر 15/08/2020 06:41:12
Écrit clair, preci qui nous a permis de connaître Belgacem ben Raach. Son époque, son héroïsme et un peu son caractère. Merci
Reply Thumbs Up Thumbs Down
13
L'ajout n'est pas conforme
total: 1 | Affiché: 1 - 1

Postez votre commentaire

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha

Auteur infos

Chouiha Abderrahmane Chouiha Abderrahmane

  • Envoyer par email à un ami Envoyer par email à un ami
  • Version imprimable Version imprimable
  • Texte complet Texte complet

Mots-clés:

Ouled Naïl, ouled sidi Nail, bey Osman, Bey Softa, Zarhez, Ouled Si Ahmed, Baba Aroudj, titteri, mostafa el-waznadji ben sliman, Belgacem ben Raach, Moustafa Boumerzag

Estimez cet article

5.00