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Petite histoire des juifs d’Afrique du nord

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Tamantit Tamantit

 Quand l’histoire est lue à travers les lunettes déformantes de l’Eurocentrisme, on trouve peu de place réservée au reste des populations du monde. Surtout celles qui jouèrent un rôle prépondérant et contribuèrent à émanciper cette « vieille » terre d’Europe qui fut, il n’y a pas longtemps, vierge de toute civilisation. C’est que l’Europe souffre de ce syndrome et a développé un véritable complexe d’infériorité dont sont issus tous les maux modernes (racisme, apartheids, guerres, génocides.) de l’humanité, depuis, pratiquement le 15ème siècle. C'est-à-dire depuis l’émancipation de cette Europe Barbare. C’est pour cela que l’histoire des autres peuples «n’intéresse» pas tellement cette école qui minimise toujours le rôle du reste du monde et principalement celui des Arabes qui ne sont cité qu’à travers Qoreich la païenne à partir du sixième siècle et «l’avènement» de l’islam ainsi que leur rôle d’intermédiaire pour transmettre les sciences.

          Lorsque nous parlons de l’origine des juifs d’Afrique du nord. Généralement, on ne trouve facilement que le point de vue de cette école égocentrique. Une histoire vue du «nord». Une histoire à leur mesure, qui ne blesse pas leur égo. Qui déverse son fiel et qui fait ressortir le rôle prépondérant et toujours présent, soit des grecs soit des romains. Cette projection de la représentation à travers ces deux peuples est presque maladive.  Par exemple, On trouve tout à fait logique que les descendants des Gaulois soient des français que les descendants des saxons soient des anglais que les wisigothes soient des espagnoles et les ostrogoths sont des autrichiens. Par contre les vieux babyloniens, les akkadiens, les phéniciens, là, non, ceux sont des peuples qui ont disparu et n’ont rien laissé. Drôle de logique pour une école qui se veut universelle. Ce n’est pas toujours facile d’effacer d’un coup de plume les événements décisifs de l’humanité, car à chaque tournant, les peuples orientaux sont là. Ce sont eux qui ont fait l’histoire. Qui ont inventé la roue et les techniques, qui ont inventé l’habitation et les villes, qui ont inventé l’agriculture et le pain, qui ont inventé l’écriture et l’alphabet, qui ont inventé la navigation et le commerce. Ces peuples orientaux sont les phéniciens, les sumériens, les babyloniens, les akkadiens, les himyars qui ne sont à la fin que des appellations divers pour désigner les ARABES. 

          D’autres lunettes déformantes et pernicieuses font de la publicité manipulatrice pour la cause sioniste et corrompent les vérités historiques à travers leurs mensonges. Ces appels de débauche ont envouté certains chantres du peuple Berbère en quête d’une identité et se trouve pris en otage par les sirènes du Mossad qui reste très actif en Algérie.

          Faisons donc un tour du côté des Himyarite, au pays de l’Arabie méridionale. Pour voir plus clair. L’histoire Himyarite est plus ancienne que l’histoire même de l’humanité, mais ce qui nous intéresse c’est une période faste de ce royaume, pratiquement un ou deux siècles avant JC. Jusqu’aux cinquième siècle après JC.  Le royaume Himyarite connu une apogée qui fut son âge d’or. Il unifia l’Arabie et forma un gouvernement prospère, rival du royaume de Saba au détriment d’autres petits royaumes tels les «kindi», le royaume de Hadramaout, surtout dépassa en force l’Abyssinie qui était chrétienne. Les techniques hydrauliques millénaires qui ont donné le barrage maareb sont à leurs apogées. Le Yémen est alors sous l’influence de voisins.  Politiquement, l’empire s’étend sur toute l’Arabie. Pour mieux assurer leur contrôle, ils y fondent une principauté et confie à un «kindi»  (d’une tribu Arabe kinda) sa gestion,  La question religieuse montre combien le Yémen est alors le terrain de multiples influences. qui plus tard, vers 600 / jc , profitant d’un événement tragique.  Le roi arabe dhu nawas converti au judaïsme tua des chrétiens de l’oasis de Najran dont l’église était rattachée à Axoum. Ce massacre donne le prétexte au Négus chrétien d’Ethiopie en coalition avec l’empereur byzantin qui lui offrit 60 navires pour envahir le Yémen avec une puissante armée. Cette armée fut battue. Mais le négus reprend les hostilités et envoie une autre armée plus puissante commandée cette fois ci par Abraha et conquit le Yémen. Le chef vassal Abraha va alors s’attaquer à la Kaâba, (sirat ennabaouia, ibn Hicham)                   

        Pour se démarquer de leurs voisins et surtout de l’hégémonie de l’église romaine et Abyssine son ennemi traditionnel et Pour rester dans l’unicité, une politique de conversion vers le judaïsme est entreprise. Cette première révolution met un terme aux polythéismes ancestraux.  Les temples païens sont détruits et le christianisme vu comme une secte est combattu.  Ce fut donc les Arabes Himyarite juifs qui unifièrent pour la première fois la presqu’ile Arabique, qui adoptèrent le judaïsme comme religion d’état presque officiellement. Ouvrirent des comptoirs en Abyssinie, aux Zanzibars, à la Mecque et Médine  ( Banou Qoraida, Quein ou Qaa et Banou Nadir) qui sont d’origine Yéménite  etc.. Et migrèrent vers l’Afrique du nord à travers le soudan, (traditions Arabes). Activité que les Romains ne pouvaient ni voir ni sentir puisque leurs vues et leurs influences s’arrêtaient bien au deçà des limes, (J. Oleil, les juifs au sahara, le touat au moyen âge). Nous disions donc que grâce à ces mouvements de populations qu’ils Peuplèrent l’Atlas Saharien et créèrent la civilisation des «Ksour» et ces vergers qui rappellent les jardins de l’Arabie heureuse, avec leurs techniques hydrauliques, leurs savoirs faire et leur écriture importé du Yémen, l’atlas Saharien qui sortait tout juste du néolithique.  Le chevauchement des périodes : préhistorique, protohistorique et historique est une vérité citée par H. Loth. En ce temps, le Djurdjura, le béni Chougrane et le massif du Ouarsenis n’étaient pas encore habités. C’est à partir du 4eme siècle et les bouleversements qui s’ensuivirent, qu’ils furent peuplés.  Ainsi donc est l’origine des juifs de l’atlas saharien. Ces Zénètes que les romains appelaient par déformation les «Gétules» dont la tribu Djéroua et sa célèbre prêtresse «kahina » appelée «dehia» pour son génie, sont, sans contestation aucune des Yéménite à l’origine, leurs descendants parlent encore le même langage que ceux du Yémen. Il s’agit de la migration la plus importante des Arabes juifs. Ils introduisirent en Afrique du nord le palmier, le chameau en remplacement de l’éléphant en voie de disparition et les techniques hydrauliques qui permirent la création des foggaras et la fondation des Oasis du Sahara. Un autre substrat juif Hébraïque d’Afrique du nord, issus de migration diverse et de déportations de Palestine au temps de l’empereur Titus par exemple vivait avec les phéniciens, provenant de Carthage et de la Numidie qui parlait punique. Une autre migration de juifs, plus récente provient de l’Andalousie. Des juifs séfarades ont suivis la fortune des Arabes et subirent leur sort, persécutés par l’inquisition et l’intolérance des européens. La présence Sépharades en Espagne est aussi ancienne que les phéniciens et l’appellation prend un sens spécifique aux juifs ibériques seulement le sens du mot c’est : les déplacés, les exilés, ceux qui ont voyagés.

 L’arrivée des Arabes «fatihine» au septième siècle ouvrit d’autres perspectives à ces juifs arabes, installé aux pays depuis les premiers siècles /jc. Ce qui permit une adoption rapide de l’islam. Les migrations qui suivirent, bouleversèrent quelques soit peu la couleur religieuse des tribus. Si la majorité s’est converties rapidement à l’Islam d’autres se réunirent à Tamentite dans l’Adrar Algérien, qui existait déjà et créèrent le royaume d’Israël. La présence à Tamentite de rabbins, de lithographes (l’imprimerie) (J. Oliel), dit-on, démontre son importance.  Un royaume très prospère économiquement où Ils furent tout à fait heureux.  Ce fut leur terre promise ils s’y réunirent pour former une entité qui contrôlait tout le commerce du Sahara et les échanges entre l’Espagne Arabe, l’Egypte et l’Arabie sont attestés par des documents, écrit en caractères hébraïques et en langue Arabe, le document est riche de renseignements sur le commerce caravanier.
 Seulement leur belligérance ne s’arrêta pas. Ils rentrèrent en conflit avec les Ksour du touât musulmans, avant d’être une énième fois dispersé en 1492, par la révolution de Abdelkrim el Maghili et on dit que l’histoire se répète. Ils formèrent alors des diasporas à Ghardaïa, Tlemcen, Constantine, Laghouat, Zenina, etc… leurs prières étaient de revenir l’année prochaine à Tamentite. Les juifs d’Andalousie aux manières plus sophistiqués s’installèrent plutôt près des villes côtières.

 Alors si les premiers chrétiens de l’humanité sont bien des Arabes et si le christianisme en Afrique du nord fut adopté par ces mêmes arabes puniques qui le développèrent et l’adoptèrent pour l’unicité de dieu (Donat), il est clair aussi que l’origine du judaïsme au Yémen et en Afrique du nord est bien Arabe. Alors (d’une vague à l’autre) ou moins graves du pareil au même nous nous trouvons en face d’un dilemme inextricable. L’image est collée à la rétine, là où tu regardes, elle reste là devant toi. La grâce et la gratitude est de reconnaitre le rôle bienfaiteur du guide qui montre le chemin aux égarés et leur salaire ne peut être que divin. Faut-il donc les remercier pour service rendu, pour la fidélité ou pour l’honnêteté.

 C’est comme si ces événements sont prédestinés. Le rôle de ces différents Arabes qui sont chargés d’une mission divine, qui est de transmettre la vraie religion à travers le temps et les époques. Qui est l’unicité de Dieu avec le judaïsme, le christianisme (le Donatisme) ou l’islam, le message reste le même. Le bon Dieu a voulu que ce pays soit Arabe depuis plus de quatre mille ans sans le dire, sans le crier, qu’il soit Juif, chrétien ou Musulman. La présence de ces Arabes puniques a préparé l’arrivée de l’islam comme le disait A. Gsell. Dans son encyclopédie de l’histoire de l’Afrique du nord, reprise en témoignage par le professeur émérite Gauthier de la faculté d’Alger et qui était tellement colonialiste, (le Sahara et siècles obscures du Maghreb). Alors forcément des forces extraordinaires maintiendront ce pays Arabe et musulman jusqu’à la fin des temps malgré ceux qui tissent les trames de la sédition…

(*) Chouiha Abderrahmane. Fondation Sidi Nail

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Chouiha Abderrahmane Chouiha Abderrahmane

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Mots-clés:

Juifs d’Afrique du nord, Juifs, Abdelkrim El Maghili, les ARABES, le judaïsme, les Arabes Himyarite juifs, les Arabes Himyarite, Tamentite

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