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Sidi Zid

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Sidi Zid

Nous avions cru un moment qu’il suffisait de foncer à l’avant, tète baissée et presque à l’aveuglette pour atteindre notre objectif et que toute l’herbe de la nuit était verte. De toute façon, c’était l’impression que, nous semble t-il, nous donnait nos compagnons. Tous des gens sensés et porteurs d’un message qui dans notre insouciance de rêveurs nous avions presque idéalisé. Beaucoup de données étaient sur la table, données qui concernaient une équation avec une multitude d’inconnues qu’il fallait d’abord résoudre puis gérer une situation inextricable de par sa complexité.

L’ignorance, l’aliénation, le mode de vie lui-même, le niveau intellectuel, la mentalité, les caractères mesquins des individus et les ambitions personnelles avaient contrarié nos espérances. Les esprits étaient libres et l’imagination errante dans les steppes comme celle des nomades ne permettait pas la pause, donc ne permettait pas l’alignement ni la discipline qui facilite la tâche et nous donne un leadership.  C’est comme cela et pas autrement. La mouvance l’a emporté sur une quelconque fixation, la liberté est trop chère payée pour s’en défaire en vue d’une éventuelle et hypothétique organisation. Il nous semble que parler de cette histoire, la nôtre et chanter la gloire de nos pères, de leur résistance face à l’envahisseur, de leur grandeur, de leur décadence et de leur douleur, nous mettait au ban de la société, que nous faisions de la division et de la fitna, alors qu’au contraire, nous voulions unir à travers nos combats, nos origines et notre généalogie.

Nous avions connu de grands nomades, des éleveurs de chameaux et de moutons, des gens en mouvance continuelle, ceux qui habitent les belles tentes rayées de rouge, si légères et aériennes et si vastes pour contenir toute l’hospitalité du monde. Nous avions trouvé en eux la noblesse pure, de véritables seigneurs avec tout ce que peut comporter ce mot de sens de l’honneur, de véracité, de virilité, de courage et de magnanimité. Nous n’avions pas connu en eux ce prix vil de la parole donnée et aussitôt trahie. Cette mesquinerie Quotidienne, ce comportement vilain qui ne sied pas aux porteurs d’idéaux…   

Malgré tout cela, nous essayons d’un pas ferme, d’avancer à travers les méandres de l’incertitude vers nos objectifs que chacun définit selon sa vision des choses, qui, expert en «  symbologie », rejette notre raison d’être, qui fort en politique, annihile notre action, qui versé dans le spirituel, nous prêche les voix insoupçonnées, qui, presque  omniscient  et savant en toutes choses, nous fait des cours magistraux. Sauf que l’essentiel de la chose est mis de coté pour plus tard, pour des raisons de sagesse disent-ils, car il ne faut surtout pas se précipités. Ne dit-on pas que la précipitation engendre les regrets ! Il fallait d’abord réunir les différentes tendances, apaiser les peurs, convaincre les incrédules… 

à la fin, nous restions quand même d’accord que notre action englobait une immense région qui restait en marge de la nation sur tous les plans, nous parlions des Ouled Sidi Nail en général, des Abbaziz, des Sahari, des Ouled Benalia, des Ouled Sidi Younes, des Ouled Sidi Ahmed ben M’hamed, des Ouled Zid et de tous, sans faire de distinction entre qui que ce soit. Nous parlions de la grande CONFEDERATION DES OULED NAIL. Il faut préciser que notre action se fait en pleine lumière dans le cadre des lois de la république. L a machine bureaucratique ne facilitait pas souvent la tâche mais l’intelligence des préposés permettait d’avancer vers nos objectifs. Notre action se limitait encore aux réconciliations, aux honneurs et aux gratifications, mais c’était toujours ça ou rien du tout. Pourtant, il y avait du pain sur la planche et pour redresser la barre il faut du temps. Revoir la fausse interprétation de l’histoire écrite par l’envahisseur, véritable machine de mensonge et de propagande et colporter par quelques ‘’penseurs’’ libres avec une bonne ou mauvaise foi. Il fallait détecter les zones erronées, sédiments de l’ignorance, amassés pendant des années, pour, à la fin leurs trouver le remède. De ne pas se donner, comme ça, gratuitement, au geste ignoble, certainement acquit pendant la colonisation, qui consiste à montrer avec l’index celui qui est proche. Créer le déclic sauveur de prise de conscience. Déterrer une grande partie des événements cachés par ceux qui ont usurpé notre terre et notre gloire et caché au monde la façon dont la grande armée française a été humiliée par nos cavaliers. Que cette grande armée ne joue pas franc jeu, qu’elle trichait. Qu’elle usait de subterfuges et utilisait des algériens, qui ont quelquefois servi l’envahisseur, il est bien malheureux de le dire. Ces zouaves, turcos et autres tribus vendues au prix vil, pour nous détruire. Pourtant dans notre dénuement et dans la platitude des vastes steppes, nos cavaliers rompus à la guerre depuis toujours, ont défié la grande armée, avec ses officiers sortis des grandes écoles de la guerre et leurs équipements sophistiqués. C’est cela exactement qui posa problème aux grands stratèges de la colonisation. Ce pays de la peur et de la poudre comme l’appelaient leurs officiers. En ce temps de guerre et de razzia, il suffisait d’évoquer les Ouled mlakhoua, entre autres, pour installer la terreur. La guerre totale et l’usure du temps ont eu raison du courage et a laminé les valeureux cavaliers. Vingt ans de résistance contre un ennemi sans pitié, qui usa de toutes sortes d’armes, les exterminations, le génocide, les razzia, l’incendie des moissons. A la fin l’armée française a eu raison de cette lutte acharnée, mais la victoire avait un goût amer, comme un nœud qui lui est resté au travers de la gorge et c’est à partir de cet instant, que la vengeance systématique contre ce peuple fier commença. Vengeance programmée, méthodique pour exterminer la vie, éteindre le regard vif des gens, tuer la fierté, effacer toute la mémoire et installer l’ignorance et semer dans le corps sain le poison qui tue, ce corps étranger, porteur du germe de la haine et de la traitrise, qui poignarde dans le dos. Cette entité qui ne t’appartient pas, qui est l’ignorance qui tue les peuples…(بل إتبع الذين ظلموا أهوائهم بغير علم، فمن يهدى من أضل الله و مالهم من ناصرين) سورة الروم    

Nous voulons replacer notre région à sa juste place avec équité dans le concert de la nation sans vouloir travestir l’histoire comme certains le font, ni accaparer des gloires qui ne nous appartiennent pas. La somme de souffrance, de misère, d’ignorance que nous avons payé suffit. Nous sommes le ciment de ce peuple et le garant de sa pérennité et nous le resterons.  

* Un grand campement de l’ouest vint s’installer au Zarhez, (نجع كبير من الغرب نزل في زاقز). C'étaient les tentes d'un noble descendant de la lignée marocaine de Sidi Idriss, Sidi Zid ben Ahmed ben Mansour qui vint s’incorporer au milieu des Hillaliens. Le chef des Sahari était alors Rached ben Mourched, lui-même de cette lignée. Il accueillit les arrivants qu'il avait déjà connus, autrefois, puisque lui-même venait de Tanger. Une solide amitié s'établit entre eux et bientôt Sidi Zid épousa Hamra une des filles du Sultan Rached. Plus tard, il prendra une seconde femme en la personne de Fatima bent Ahmed el-Hilali. Mais son premier mariage, en l’unissant étroitement aux Sahari, en faisait immédiatement l'ennemi de tous les adversaires de ses alliés en ce temps de grandes anarchies et désordre politique.

De son premier mariage Sidi Zid eut quatre fils : Hebal, Jilali, Bel Hadi et Ben Daoud. Il campait souvent avec eux aux environs de Hassi el-Aoud, à 5 km à l'est de l'endroit où s'élèvera plus tard le village de Dar Chioukh. Ils étaient ainsi en contact avec les Rahman du Nord. Lorsque Sidi Zid mourut, son fis ainé Hebal devint le chef de famille. Pour essayer sans doute de calmer les hostilités des siens avec les Rahman, il décida un jour d'aller trouver leur chef qu'on appelait Bou-sebaa Leha. Ils furent d'abord bien reçus. Peu après, les frères de Hebal partirent vers le Sahara, à la recherche de pâturages. Le chef des Rahman en profita aussitôt pour se saisir de celui-ci et lui demanda de lui apporter 60 chamelles blanches ou il le tue. Hebal envoya un courrier à ses frères, leur expliquant la situation. Quelques jours plus tard, le messager revint ! Apportant une centaine de grammes de sel et un couteau bien aiguisé, dans une sacoche de cavalier. Hebal comprit le message. Le sel ne pouvait pas être impunément trahi.   Il tua le chef Bou-sebaa lehâ et s'enfuit au sahara.

 Les Oulad Zid se retrouvent actuellement un peu partout au Sahara. C’est une tribu très industrieuse et utile pour Tous les nomades du Sahara. Particulièrement appréciés et aimés par les Ouled sidi Nail dont ils ont toujours été les alliés. Ne dit-ons pas que les Ouled Zid ont la tente noire mais le cœur rouge. Il y en a à El-Meniaa divisés en deux fractions : les Oulad Zid et les Oulad Aïcha. On dit qu'ils sont issus de Naami.  Boubaker ben Zid a laissé la réputation d’un homme très vertueux, Dans la fraction qui descend de lui, il existe une coutume particulière : avant le mariage, le jeune marié ne verse à la famille de sa future épouse qu'une somme fixe et très légère qui, autrefois, était d'un rial. La mère de l'épousée par contre, donnait à sa fille un peu d'argent, avant son départ. Cette coutume assurait, dit-on, plus de respect pour la femme. Ceux sont, sans doute les oulad Hebal qui jouèrent le rôle le plus important

« Le cheval, le sabre et la route »   

« Le pied à l'étrier, l'œil sur les fils de chiens »

« La main aux rênes et nourriture chez les nomades. »

Les Oulad Hebal avaient jadis droit de ghefara sur les Traifa, les Oulad Bkheita et les Oulad Kherfan. Dans la descendance de Hebal, Saad ben Ali fut tué ; mais un autre alla se joindre aux Debbaz, tandis que les fils de Boubaker se sont incorporés aux oulad -Bou Abdallah.

(*) Chouiha Abderrahmane. Fondation Sidi Nail

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Ouled Naïl, fondation sidi nail, ouled sidi Nail, ouled Zid, Zarhez, Rached ben Mourched, Sidi Zid

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