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Sidi Mohamed Benalia

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La Kouba de Sidi Mohamed Benalia La Kouba de Sidi Mohamed Benalia

Ma pensée respectueuse va vers les personnalités qui sont gravés dans la mémoire des hommes, dans le « Ber Sidi Nail » et ailleurs, ceux qui par leur abnégation et surtout leur honnêteté, ont pu construire quelque chose de durable et rendre service à leur contemporains, Les magnanimes, qui ne sont pas attirés par les privilèges terrestres, Ceux qui ne veulent pas faire de leur projet des marches pour accéder à leurs ambitions mesquines, pour se faire un nom par exemple, ou profiter de la bonté des honnêtes gens, pour accéder à la renommé et Ceux qui construisent leur maison sur des fondements solides. Contrairement à celui qui à construit sa bâtisse sur les bords d’un précipice fragile car sa bâtisse s’effondre dans le gouffre. Voila le sort de toute fondation sans base solide…

Parmi les hommes qui ont influencé le court de l’histoire et ont changé les destinés de toute une région, les poids lourds de la politique, on compte, sans conteste, Sidi Mohamed Benalia.  

Sidi Mohammed benalia est d’origine cherifienne, puisqu’il descend en ligne droite du Sultan des Saints et du Prince des Parfaits, l’illustrissime Sidi Djâfar ben Hocine ben Mohamed ben AbdelKader El-Djilani, lequel, comme nous le savons, naquit, vécut et mourut à Baghdad dans le 6e siècle de l’hégire, le 12e siecle, et fut le fondateur d’un ordre religieux qui compte des khouan (frères) dans tout le pays musulman. Le grand-père de Sidi Mohammed benalia, Sidi Ahmed ben brahim, sortit de Baghdad, accompagné de ses trois frères, vers la fin du 13e siècle de l’hégire (15e siecle), et parcourut tout le Maghreb. Après avoir visité successivement Tlemcen, Oudjda, Fes et Marrakech (Maroc), il fut tué à Asmil, dans les environs des Sfidj, par des soldats marocains auxquels s’étaient joints des hommes des Ouled Haçan. Abd-el-Kader, un de ses fils, eut de son mariage avec Meriem bent Rahal, de la tribu des Shari, où il était venu se fixer après la mort de son père, deux fils qui furent nommés, l’un Khemouïkhem, et l’autre M’hammed. Le premier fut tué par les Shari ; la tradition reste muette sur les causes et les circonstances de sa mort. Quant au second, M’hammed, tout jeune encore et laissé sans soutien par la mort de son frère, il fut recueilli par une vieille femme de la tribu des Bou-Aiche, Alia, qui lui donna son nom, et auprès de laquelle il resta pendant sept années. Quand il fut d’âge à pouvoir voyager, il quitta sa mère adoptive, la Bou-Aichia, et se rendit à Marrakech (Maroc), où il se maria avec  Zineb. Plus tard, il revint chez les Shari, où, son origine, sa science et ses vertus, lui donnèrent bientôt une grande influence sur cette tribu. D’ailleurs, Sidi Benalia n’avait pas oublié que ces Shari avaient tué son frère Khemouïkhem ; aussi s’était-il promis de se montrer à leur égard d’une sévérité excessive, afin de les ramener au sentiment du juste et de l’injuste et au respect de la propriété. Quelques miracles qu’opéra Sidi Benalia, — car il avait le don des « karamate », — avec assez d’opportunité, lui mirent les Shari tout à fait dans la main. Il put donc dès lors accomplir, sans trop de difficultés, la réforme qu’il avait entreprise dans les mœurs et dans les habitudes de ces habitants. Déjà sa réputation de sainteté s’est répandue dans tout le pays et parmi les tribus nomades qui ont leurs campements autour du Zarez : c’est ainsi que les Bou-Aiche, les Arbaâ et tant d’autres, lui apportent d’abondantes ziara en nature et en argent. Il est vrai que l’ouali Benalia savait reconnaître les pieux procédés des fidèles en leur donnant de sa baraka, — dans le Sahra, c’est du beau temps, — des pâturages pour leurs troupeaux, une postérité raisonnable, et ses prières pour faire réussir les razzias qu’ils pouvaient avoir à tenter de temps à autre sur leurs voisins. Bref, Sidi Benalia était devenu la providence du djebel Mechentel, et l’amour que les habitants de cette montagne professent pour leur saint protecteur et intercesseur ne tarda pas à tourner presqu’au fétichisme. Sidi Benalia s’est fixé définitivement chez les Shari, et s’y marie raisonnablement, c’est-à-dire qu’il se contente de deux femmes, Zineb et Fatima, lesquelles lui donnent huit fils. Les cinq provenant du fait de Zineb, Ameur, Mbarek, Mohammed, Sahya et El-Hadj, forment la souche des fractions des Oulad Benalia : ce furent des gens suffisamment vertueux, craignant Dieu, et vivant grassement de la sainteté de leur vénéré père. Quant aux trois fils de Fatima, Aïssa, Rabah et Yahia, ce ne furent que des gueux, des gredins, qui ne donnèrent que de médiocres satisfactions au vénérable et saint auteur de leurs jours. Nous voulons raconter le tour indigne qu’ils osèrent jouer à leur respectable père. Un jour, ayant à ensiler des grains provenant d’offrandes de ziara, Sidi Benalia demanda aux trois fils de Fatima de venir l’aider dans cette pénible, mais intéressante besogne ; or, ces trois vauriens, que fatiguaient depuis longtemps les reproches incessants de leur père, chargent donc les chameaux de gheraïr contenant les grains, et ils se dirigent vers les mthamir où ils doivent être déposés. Sidi Benalia, sans défiance, se fait descendre dans le silo pour s’assurer de l’état dans lequel il se trouve. Pendant qu’il était au fond, procédant à son examen, ses trois fils, sur un signe d’Aïssa, l’aîné, se hâtent de décharger les trois chameaux et de vider les six sacs de grains sur leur infortuné père, qu’ils enterrent littéralement sous le poids de leur contenu. Aux cris, aux plaintes du vieillard, ils répondent par des rires indécents et par des plaisanteries d’un goût douteux, et pour le moins déplacées en pareille circonstance...

Après un pareil crime, le saint homme eût été autorisé à détruire ses trois scélérats de fils, et, bien certainement, personne n’y eût trouvé à redire ; mais, nous le répétons, Sidi Benalia était père, c’est-à-dire faible : il ne voulut point s’en défaire ; il se contenta de les faire appeler devant lui et de les maudire en ces termes : «Enfants d’esclave ! Votre infamie mourra avec vous ! » Ce qui signifiait clairement qu’ils n’auraient point de postérité. En effet, ces trois garnements finirent mal, et, malgré leurs efforts pour conjurer les conséquences de la malédiction qui pesait sur eux, ils ne purent avoir la moindre descendance. Nous ne perdrons pas notre temps à les plaindre. Sidi Benalia n’était point fâché de montrer à ceux de ses collègues qui venaient le visiter toute l’étendue de sa science..

Les illustres Sidi Ziane, Sidi M’hammed Es-Sahih et Sidi Nadji ben M’hammed, lui rendaient visite, ses meilleurs serviteurs, Sidi Benalia rassurait ses visiteurs et leur disait, ô Messeigneurs ! Buvez à votre soif !  L’ouali des Shari piquait en même temps le sol de son bâton, et il en jaillissait une eau qui, avait la pureté du cristal, et qui était aussi douce au goût.

Quoi qu’il en soit, ils burent tout leur soûl et aux heures des prières, ils y faisaient leurs ablutions. ‘’Buvez le breuvage des gens purs, vous verrez des merveilles, avec les gens de la connaissance, quand le vin est mur’’  

أشرب شراب أهل الصفى ترى العجائب

مع رجال المعرفة و الخمر طائب

Quant à la source, elle n’a pas tari depuis : c’est celle qu’on nomme El-Mengoub, et qui se trouve au sud de la Sebkha Zarez de l’ouest. Les gens de ksar el-Boukhari, qui lui vouent une grande estime, se remémorent le saint Ouali  avec son « maqam », sur une butte qui porte son nom et qui  est maintenant entouré d’un grand cimetière à l’entée sud de la ville, en souvenir de son passage chez eux. Un autre jour, Sidi Benalia était allé visiter son collègue de l’oued El-Djenan, au sud de Sour El-ghouzlan, Sidi M’hammed ben Aïssa, qui fut l’ancêtre du Ouled Sidi Aïssa Ehl-El-Guethfa. Ils avaient des conversations très intéressantes sur la façon d’interpréter le Coran. Dans un voyage que fit Sidi Benalia au djebel El-amour, il avait remarqué, avec un sentiment très prononcé de tristesse, que non seulement le tombeau de l’illustre et vénéré marabout Sidi Bouzid avait disparu, en s’enfonçant sous terre, prétendaient les gens du ksar de ce nom, mais qu’en même temps les pratiques les plus élémentaires de la religion et de la foi musulmane n’étaient plus chez eux qu’à l’état de lettre morte. D’un mot, Sidi Benalia fit reparaître le tombeau de l’ouali du djebel amour, et sa parole ramena la foi et la piété parmi les habitants du ksar. La garde du tombeau de Sidi Bouzid fut confiée aux Oulad Kacer, qui l’ont conservée pendant très longtemps. Depuis quelques années, Sidi Benalia avait formé le projet d’aller visiter les Beni Mzab, Quoi qu’il en soit, ces musulmans l’accueillirent parfaitement, et le traitèrent avec tous les égards dus à son rang illustre et au degré qu’il occupait sur l’échelle des saints. Sidi Benalia en fut tellement touché qu’avant de les quitter il leur fit la prédiction suivante : « Des goums ennemis fondront sur vous avec la rapidité de l’éclair, mais ils se retireront avec une rapidité plus grande encore. »

إجيكم قوم زارب و يغد من عندكم هارب

Ce qui signifiait probablement qu’ils étaient inattaquables. Les Beni Mzab furent tellement ravis, à leur tour, de la prédiction du saint que, pour perpétuer le souvenir de son passage dans leur pays, ils construisirent, à Argoub-Chouïkat, une haouïtha sur l’emplacement où il avait dressé sa tente. Une autre fois, étant en tournée pastorale chez les Oulad-Mimoun, une jeune femme, menacée du divorce par son mari pour cause de stérilité persistante, vint se précipiter aux pieds du saint marabout en lui demandant, avec tous les accents du désespoir, de mettre un terme à une situation qui non seulement la couvrait de honte, mais qui, en outre, lui valait le mépris de son mari. Touché de ses larmes et de son chagrin, le saint pria pour elle.  Quelques temps après, La jeune femme porta, et mettait au monde un garçon qui fut appelé Dil-es-Slougui, nom qui est encore aujourd’hui le sobriquet des Oulad-Mimoun, ou Mouamin, fraction des Shari. Sidi Benalia n’avait rien à refuser à ceux de ses saints collègues. Sidi Nadji était, un jour, en visite auprès de lui dans le djebel Shari, dont les hauteurs étaient, à cette époque, couvertes de superbes pins d’Alep. A l’aspect de cette merveilleuse végétation, Sidi Nadji poussa un soupir et exprima le regret que son pays, Berouaguia, fut complètement nu et dépourvu de verdure et d’ombre. Sidi Benalia deboisa le djebel Hariga (portion du djebel Shari, et il en reboise les environs de Berouaguia. Le djebel Shari est couvert de différentes essences utiles. On tirait, par exemple, du genévrier, du goudron, ce produit était fort employé dans le Sahara, aussi bien pour traiter la gale du chameau que pour goudronner l’intérieur des greb). Enfin c’est depuis cette époque que le pin fut appelé, dans le pays, zgouguiat Benalia. C’est ainsi qu’à la demande de Sidi Farhat il boise également en pins d’Alep, et par le même procédé, tout le territoire compris entre Boghar et Aïn-Tlata. Un autre jour, c’est un « ghazou » des Oulad Mensour El-Mahdi qui fond sur les Oulad-Benalia et leur enlève leurs troupeaux. Le saint marabout se mit seul à la poursuite de ces impies, et les razzieurs y sont engloutis jusqu’au dernier dans la « sebkha » du Zarrez., et  Sidi Benalia put ramener les troupeaux et les restituer à leurs propriétaires légitimes. Le gué où le « ghazou » fut ainsi détruit reçut le nom de Fercha (lit) des Oulad-Mensour El-Mahdi. Cette tribu se garda bien de tenter une seconde fois pareille aventure. Sidi Ali ben Mbarek, le célèbre saint de Koléa était son ami.

Sidi Benalia eut bien souvent à intervenir dans les querelles que soulevaient entre elles, à tout propos, les diverses fractions de la population du Djebel Sahri, querelles qui avaient toujours pour conséquence de leur mettre les armes à la main, car on pouvait dire de toute la tribu ce que Sidi Benalia disait de la fraction des Yahia :

« Ils ressemblent à un mélange désordonné de faucilles, Enfermées dans un tellis (sac). »

 Un jour, deux fractions des Sahri Oulad-Brahim, les Oulad-Daoud et les Oulad-Thabet, en avaient appelé aux armes pour vider une querelle dont le motif était des plus insignifiants. Informé de cette nouvelle levée de boucliers, Sidi Benalia court se jeter au milieu des combattants, et leur ordonne de cesser une lutte aussi déraisonnable, aussi impie, puisqu’ils appartiennent à la même tribu. Mais les deux partis sont sourds à sa voix et repoussent ses conseils. Sous l’influence d’une sainte fureur, Sidi Benalia, qui voit son autorité et son caractère méconnus, les menaçant de les en écraser s’ils ne cessent à l’instant le combat. Ils finissent par se séparer, tout en maugréant contre le saint ouali, qui fut, outré de ce manque de respect envers lui.

Les Ouled Sidi Nail gagnèrent son amitié et reçurent sa bénédiction en s’installant au Zarez qu’ils payèrent de 40 « rakhla » et d’autres cadeaux amené par le nommé kourd el-oued des Ouled Saad ben Salem, raconte la légende populaire. Avant de mourir, Sidi Benalia avait désigné l’emplacement de sa sépulture : c’était gherizem-El-Hathob, koudia (butte) située à une heure et à l’est de Mesran. Mais la chamelle qui portait son corps dans un âttouche (palanquin) amblait du côté de la vallée de Bastama au lieu dit « loqseir » à Temeda, sans que cris et coups parvinssent à la détourner du chemin qu’elle avait choisi. Les conducteurs se soumirent à la décision du destin, et sa dépouille mortelle fut déposée à Thameda, dans ce djebel Shari où il était né, et où il avait toujours vécu. Une koubba s’éleva plus tard sur son tombeau, avec un cimetière assez important, dans lequel fut enterré plus tard, un des plus nobles Sahraoui Ouled Sidi Younes: Si Tayeb ben Balout.  La Kouba de Sidi Mohamed Benalia devint le but du pèlerinage de ses nombreux khoddam, répandus depuis ksar al boukhari jusqu’à Laghouat. La mort de ce saint homme date de la fin du 11e siècle de l’hégire (16e siecle).

(*) Chouiha Abderrahmane, fondation Sidi Nail

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Ouled Naïl, fondation sidi nail, ouled sidi Nail, Sidi Benalia, Sidi Younes, AbdelKader El-Djilani, Ber Sidi Nail, Shari, Zarez, zahrez

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