Home | Historique | Sidi Mohamed Ben Abderrahmane Bou-Gabrine El-Azhari

Sidi Mohamed Ben Abderrahmane Bou-Gabrine El-Azhari

Par
Taille de la police: Decrease font Enlarge font
mausolée Sidi Mohamed Ben Abderrahmane mausolée Sidi Mohamed Ben Abderrahmane

La Zaouïa d’une manière générale, est la véritable noblesse de l’Algérie. Elle a été le dernier recours d’un peuple pour la sauvegarde de sa religion et des rudiments de la connaissance qui n’étaient dispensés que dans ce lieu, en l’absence du « sultan » qui pouvait jouer ce rôle si important. En effet, c’est la Zaouia qui a garantit la continuité, qui a crée un noyau discipliné, qui a assuré un éveil et un sentiment national et surtout donné une organisation institutionnelle à ce pays, qui était occupé. La prolifération de ces écoles a connu une vive recrudescence à l’arrivée des Turcs,  Qui n’ont pas joué le rôle qu’ils auraient dû jouer, c'est-à-dire, qu’ils n’ont pas mené une politique d’apprentissage à ce peuple. Ils n’ont pas construit d’écoles d’une manière systématique. Que restait-il alors, au peuple Algérien, pour être à la page et vivre son temps à l’orée des autres peuples, surtout de l’Europe qui sortait de l’obscurantisme du moyen-âge et se développait frénétiquement, à l’assaut de la science et du progrès, alors que nous, nous nous enfoncions de plus en plus dans les mythes et les sornettes. Les turcs ont laissé le fossé se creuser terriblement entre nous et cette Europe qui maitrisa admirablement le feu et le fer. Cette Europe d’Oxford, de la Sorbonne allait nous le montrer magistralement et ne croyez surtout pas que je fais l’apologie de ceux qui ont envahi notre pays. J’essaye de dire que cette période d’obscurantisme nous a laissé prêt à être coloniser. Malheureusement nos Zaouia ne pouvait rien contre les canons et les armées disciplinées. Mais elles ont pu sauvegarder, coûte que coûte le plus important :  l’identité et la personnalité.   Je ne voudrais pas parler du prosélytisme « ettassawouf » des saints, mais du coté terrestre et des services considérables qu’elles ont rendues au fil des années de disettes et des agressions. Je pense sérieusement que la relève devrait revenir à l’école républicaine, pour jouer ce rôle d’éveil, d’apprentissage des sciences, pour que nos enfants aient leur place au soleil, parmi les nations.  Je ne doute absolument pas qu’il y ait eu des hommes exceptionnels à la tête des Zaouia, des maitres de la pensée, conservateur du Coran, vigiles de la droiture et saints, amis de Dieu. Ceux qui ont divorcé du monde et de ses richesses pour être au service des musulmans. Ceux qui, notre seigneur qualifie de puritains, « la khawfa allihoum wa la hom yahzanoune » parmi ces saints hommes, Mohamed Ben Abderrahmane, fondateur de l’ordre de la Rahmania. Bien que relativement récent, il a néanmoins joué un rôle primordial dans la résistance du peuple Algérien et c’est l’un des rares saint qui soit né en Algerie.

Mohamed ben Abderrahmane serait né vers 1700 à 1725 dans la tribu Kabyle des Ait-Smail, des béni ghetchoula qui occupent la partie ouest du piedmont nord du Djurdjura. Apres avoir débuté son instruction à la Zaouia de Si Cheikh Seddik- ou –Arabe, des Ait-Irathen, il se rendit en Egypte. Il compléta ses études en suivant les leçons des meilleurs docteurs de son époque à El-Azhar. C’est son assiduité à assister aux cours qui lui valu le nom de « El-Azhari ». Son voyage au Soudan qui dura pas moins de 24 ans où il s’initia à l’ordre des Hafnawa, du nom de son fondateur Cheikh El-Hafnaoui, grand maitre de l’ordre qui l’incita, certainement  à faire ce voyage. Vers 1177 de l’Hégire, il rentra chez lui, dans son pays natal, chez les Ait-smail. C’est là, vraisemblablement, qu’il fonda la Zaouia des Guetchoula et qu’il posa les bases de la nouvelle confrérie si répandue en Algérie, particulièrement, chez les Kabyles et chez les Ouled Sidi Nail. C’est à cette époque que sidi Attia Bayd-el-ghoul, le fréquenta et fut son élève assidu. Ce qui lui valu plus tard d’être récompensé par le cheikh qui lui donna sa « amama » et son chapelet, reliques précieuses, qui se trouve encore conservé dans les koubbas des « Attaya » prés de « Ain maabad » . Sidi Attia bayd-el-ghoul était accompagné de quinze autres des Ouled Sidi Nail. Parmi eux des Abbaziz, des Ouled Bouabdallah, des Ouled Yahia ben Salem. Il y avait même une sainte, qui reçue la bénédiction du cheikh. Beaucoup d’autres jeunes Ouled Nail, fréquentèrent les Zaouia du Djurdjura, comme le Cheikh Si Attia Messaoudi d’El-Jallalia et Ettabakh des Ouled Aiffa, qui resta longtemps en Kabylie et qui servit son maitre dans les Fourneaux des Zaouia. D’autres Ouled Nail se formèrent en science, dans l’ordre de la Rahmania chez le Cheikh El-Mokhtar à Ouled Djellal. Les plus célèbres sont, sans conteste, Si Cherif Benlahrech, Sidi Abderrahmane Naas, Cheikh Zebda en compagnie de Si M’had ben belkacem d’El-hamel, qui ont fait classe ensemble.  Ils sont tous devenus célèbres. C’était des hommes exceptionnels et organisateurs de la résistance contre l’occupation coloniale française. Ces hommes ont aussi continué l’ordre et créé des Zaouia à la mesure de la conduite de leur maitre et à la mesure de leur sainteté. Il faut dire qu’ils étaient pratiquement les premiers à avoir contribué à faire connaitre l’ordre de la Rahmania en dehors de son terroir natal.

Sidi Mohamed ben Abderrahamne habitat à  Alger dans les dernières années de sa vie, c’est-à-dire sous le règne de Baba-Mohammed-Bacha ; mais les soins à donner à la Zaouïa qu’il avait fondée dans sa tribu natale, et la nécessité de sa présence au foyer de la Confrérie dont il était le grand maître, ne fût-ce que pour stimuler les hésitants et hâter les initiations, ces raisons le décidèrent  à rentrer chez lui, chez les Ait-smail. Six mois après, la mort vint le prendre.

 La veille de sa mort, Sidi Mohamed ben Abderrahmane, avait institué, par acte authentique, son successeur et Khalifa de l’ordre, Ali-ben-Aïssa El-Mogherbi, son serviteur le plus dévoué, et lui avait dit : « Garde mes livres, mes biens, mes terres, en un mot tout ce que je possède. Je t’en fais le légataire. Je te laisse l’acte qui constitue le tout en hobous. » Puis il fi t appeler auprès de lui tous les gens de la tribu des Aït-Smâïl et leur fit en ces termes ses dernières recommandations : « Je vous prends tous à témoins que je désigne Si Ali-ben-Aïssa pour me succéder, et que je lui lègue tout mon savoir : il sera donc mon successeur. J’ai déposé dans son sein tous les secrets de l’ordre, et je lui ai donné toutes les bénédictions. Ne lui désobéissez point en quoi que ce soit, car il est mon visage et ma langue. »

 Quand mourut Sidi Mohammed, la Zaouïa dont il était le fondateur brillait du plus vif éclat.  Des professeurs éminents, formés par lui, et, entre autres, le savantissime chikh Ahmed Tayeb ben Salah- Rahmouni, attiraient de tous les points de la Régence d’Alger, par leurs précieuses et fructueuses leçons, non seulement les jeunes tholba qui recherchaient l’étude avec passion, mais encore des savants de grand mérite qui venaient se perfectionner auprès des maitres de la science et de la parole, pénétrés qu’ils étaient de ce précepte de l’imam Es-Soyouthi :  « Recherchez la science, fût-ce même en Chine ». la recherche de la science est une obligation imposée à tout-Musulman. ».  

 Mais revenons à Sidi Ben-Abd-er-Rahman. Le saint homme mourut, en effet, le lendemain, et son corps fut rendu à la terre par les soins des khouan des Aït-Smâïl et des tribus voisines. Les frères de l’ordre qui habitaient Alger, et qui, eux aussi, avaient été à même d’apprécier la valeur et les mérites du saint, n’apprirent la mort de leur chef vénéré que trois jours après qu’il eut rendu son âme à Dieu. Ils ne purent se consoler de voir sa dépouille mortelle reposant loin d’eux dans les montagnes kabyles, et hors de portée de la protection qu’ils attendaient d’un saint  « ouali allah ». Tout entier à leur douleur, les Algérois qui avaient été en rapport avec Sidi Mohammed se donnèrent rendez-vous au Hamma, où le saint homme avait vécu, où il y avait son école et où ils s’étaient nourris de ses fécondantes leçons. Cette réunion avait pour objet d’aviser aux moyens de rentrer en possession du corps de leur vénéré Ouali, qu’ils revendiquaient comme s’il eût été leur propriété.  Seulement, cette opération de l’enlèvement du corps du saint n’était pas sans présenter quelque difficulté : car, quoi qu’en disaient les Algérois, les Aït-Smâïl tenaient à leur ouali au moins autant que les hadhar (citadins) d’Alger ; et puis, en définitive, Sidi Mohammed appartenait à leur tribu, puisqu’il y était né. D’un autre côté, il ne fallait pas songer à obtenir des Aït Smâïl la cession à l’amiable des précieux restes du saint ; quant à user de violence, c’était tout aussi impraticable. De toute façon et d’une manière ou d’une autre, les deux parties trouvèrent une solution satisfaisante. Je ne voudrais pas rentrer dans des considérations qui me dépassent certainement au sujet des « karamate » je me contente donc d’écrire des choses terrestres qui se trouvent être à notre portées.

On fi t, au Hamma, au duplicatum du saint de somptueuses funérailles, et la nouvelle du prodige que nous venons de raconter étant parvenue aux oreilles de Baba-Hacen, le pacha régnant, fit aussitôt élever un élégant mesdjed sur le tombeau de l’élu de Dieu. C’est à cette circonstance de l’enterrement, que Sidi El-Hadj-Mohammed-ben-Abderrahmane dut son surnom de Bou-gabrine, c’est à-dire « l’homme aux deux Tombeaux »

Les Ouled Sidi Nail ont toujours servi l’ordre et ont financé ses institutions.ils ont mis leurs terres à la disposition des zaouia pour peu qu’elles gardent la ligne de conduite de la droiture. Ils lui restent fideles jusqu’à nos jours ou pratiquement toutes leurs zaouïa sont d’obédiences Rahmania.

(*) Chouiha Abderrahmane/ fondation Sidi Nail

 

lectures : 541

Subscribe to comments feed Commentaires (0 posté)

total: | Affiché:

Postez votre commentaire

  • Bold
  • Italic
  • Underline
  • Quote

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha

Auteur infos

Chouiha Abderrahmane Chouiha Abderrahmane

  • Envoyer par email à un ami Envoyer par email à un ami
  • Version imprimable Version imprimable
  • Texte complet Texte complet

Mots-clés:

Attia Messaoudi, Zaouïa Rahmania, fondation sidi nail, ouled sidi Nail, Mohamed Ben Abderrahmane, Ait-Smail, Attia Bayd-el-ghoul, Ain maabad, Ali-ben-Aïssa El-Mogherbi

Estimez cet article

0