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Ziane Achour... Le combattant de la liberté

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si Ziane au milieu si Ziane au milieu

L’Algérie est un pays que dieu marqua de sa bénédiction. Il lui octroya toutes sortes de richesses y compris l’union des hommes dans leurs différences et justement ce qui fait la force de ce pays c’est la tolérance et l’amour du prochain. L’Algérie n’est pas une mosaïque de peuples nés au hasard de l’histoire mais une soudure et un tempérament unique avec la différence des hommes et leurs particularités qui se regroupent, pour aller ensemble vers le progrès. Leur rêve n’est pas un mensonge mais bien un destin qui se trace indubitablement vers l’avenir glorieux.

Généralement on parle de six régions qui font ce grand pays. Ces six régions sont autant de richesses qu’on parle alors de triangle d’or et de triangle d’argent. Il ya d’abord l’Algérois, le Constantinois et l’Oranie qui forment le triangle d’or et les Kabyles dans le Djurdjura, les Chaouias dans les Aurès ainsi que les Ouled Nail dans L’Atlas Saharien qui représentent le triangle d’argent. Ces particularités ont toujours régis les relations entre Algériens de tout temps depuis l’antiquité jusqu’à notre glorieuse révolution et même maintenant.

Pendant la révolution, qui en principe a jeté les fondements de la nouvelle république Algérienne moderne, cet état de fait resta de mise pour tout le monde. On parle alors du Kabyle, de l’Oranais, du Chaouia au Djebel et au maquis, mais jamais pour le Naili qui a fait abnégation de cela et combattit en tant qu’Algérien tout court… il ya aussi une autre approche pour mieux comprendre notre mentalité qui est façonnée suivant les régions : ceux qui élèvent les bovins, ceux qui élèvent la caprins, ceux qui élèvent les ovins et enfin ceux qui élèvent les camelins. Chaque groupe représente une mentalité : ceux dans l’hospitalité n’est pas aussi primordiale, ceux qui sont de par cette nature intelligents, ceux qui sont fort hospitaliers et ceux qui sont fort physiquement. Ainsi parlait El-hadj Kouider El-Arbaoui.

Ziane Achour est de cette catégorie, élevé dans le respect de l’hospitalité, apanage de Sidi Nail, son ancêtre, dans un milieu conservateur, il est né en 1919 à El-Bayad dans l’actuelle commune des Ouled Harkate dans la wilaya de Biskra.  Il apprit le coran à l’âge de quinze ans entre Ben Remila et Ain el Melh dans la wilaya de m’sila puis dans la célèbre Zaouia du cheikh el-Mokhtar. A la fin de ses études, il est appelé à effectuer le service militaire qui coïncide avec le début de la deuxième guerre mondiale. Il resta mobilisé pendant toute cette durée. En 1945 il est marqué par les événements sanglants de Sétif, Kherata et Guelma. Il s’engage alors dans le combat politique dans le PPA puis dans les rangs du MTLD. Il assure alors le poste de responsable de la propagande dans la région d’Ouled Djellal. Il est, à plusieurs reprises, arrêté par la police coloniale et emprisonné. Il ouvre une épicerie puis un café maure « café de la jeunesse » qui fut une couverture pour les activités politiques puis carrément le siège du parti. Apres les élections du 04 avril 1948, Son café est fermé et il reste interdit de toute activité, même commerciale. Il est contraint de migrer alors vers la France pour travailler. Il s’installe prés de Lyon et continu à militer au sein de la communauté algérienne. En 1952, sur instruction du MTLD , il participe à une manifestation nationaliste dans laquelle il est le porte drapeau. En dépit des tentatives de la police il guida la manifestation jusqu’à la préfecture de Lyon. De retour au pays, en 1952 ? Il est tout de suite arrêté et incarcéré. Il ne put participer au congrès du MTLD ou les divergences sourdes vont apparaitre ente Messalistes et Centralistes. De toute façon, il fut le premier à répondre à l’appel du 1er novembre. Il resta en ville pour pourvoir son adjoint Omar Driss en hommes et en armes. Ses antécédents politiques lui valurent encore une fois d’être arrêté en 1954 à la prison d’El-koudia à Constantine. C’est là qu’il rencontra Ben Boulaid, arrêté lui en février 1955. Apres quelques mois de détention, Ziane Achour rejoignit ses hommes en octobre 1955.au début de 1956 Ben Boulaid avait chargé Si Ziane de la responsabilité de la zone sud en dehors de la wilaya 1.  Notamment ou se trouvait les troupes commandées par Omar Driss, son adjoint. En 1955, le premier maquis est né à Lougssiat. Le groupe est composé de 22 éléments commandé par Si Ziane. Ce fut le premier noyau de la future wilaya 6. Apres l’évasion de Ben Boulaid et ses tentatives de mettre de l’ordre dans sa wilaya après l’exécution de Chihani son intérim alors qu’il était incarcéré, et les divergences entre ses chefs de guerre, il convia Si Ziane et  Si El-Haouas auxquels il confia dit-on des responsabilités.

Ziane bénéficiait d’un grand prestige auprès des populations de Biskra, de Djelfa, d’Ouargla et même dans les confins des monts des Ksour, en raison de sa vaste culture arabo-musulmane de sa sagesse et de son charisme. Dans ces régions, Si Ziane recruta des combattants, mena la lutte, organisa les populations en cellule politico-militaire et récupéra les stocks d’armes de l’Africacorp, clandestinement venu de Lybie, et qui permirent  d’armée la révolution.   Il renoua des contacts avec des responsables du nord, notamment avec Ben Boulaid et Ouamrane. Ouamrane le rencontra a plusieurs reprises au marché hebdomadaire de Bou-saada. Il devient alors le « Cheikh Si Ziane» pour ses amis. Il tissa sur tout le long de l’Atlas Saharien, d’Ouled Djellal jusqu’aux monts des Ksour aux confins de la frontière Marocaine, une véritable toile d’araignée de cellules armées. L’organisation mise en place par Si Ziane atteignit la wilaya 5.

Le 22 mars 1956 Ben Boulaid trouve le martyre suite au colis piégé parachuté par le deuxième bureau, la wilaya reste donc entre les mains de chefs de guerre sans coordination entre eux. Si Ziane Achour dans le Boukahil et Si El-Haouas livrés à eux même. Le Cheikh Si Ziane ordonna toutefois une grande offensive contre le colonialisme et les intérêts économiques de la France dans le djebel Amour, les monts des Ouled Nail et les Zibans. Offensives générale et menaces sur les intérêts pétroliers. De Biskra à Laghouat et de Djelfa à El-Bayad, des groupes de Moudjahidines fideles au cheikh Si Ziane, menèrent de grandes offensives contre les forces coloniales. En avril 1956 Cheikh Ziane dirigea une attaque contre des unités militaire française à Gaigaa. La bataille dura deux jours et les Français utilisèrent toute une panoplie d’armes sophistiquées. En mai 1956 une attaque des camps militaire d’Ain Rich permit aux moudjahidine de récupérer une cinquantaine d’armes de guerre le même mois une autre attaque est dirigée au djebel Boukahil au cours de laquelle des avions furent abattus. L’attaque des camps de Amoura entre autres. Dans la région de Sidi Khaled, Hassi-Messaoud et Hassi-EL-hamra, les attaques des maquisards de Si El-Haoues entravent l’avancement des forages de la SN.REPAL. L’explosion en juillet 1956 à Hassi Messaoud n’est certainement pas due à une bulle de gaz mais bien d’un sabotage ! L’action des unités de Cheikh Ziane ne s’arrête pas pour autant, malgré la répression, le 09 novembre 1956 la centrale électrique de Laghouat est sabotée causant la mort de 09 personnes et des dégâts qui dépassent 500 millions. À la suite de cette opération jugée assez grave, l’état major français crée le « commandement opérationnel du sud algérois » Le « COSA ». Doté de moyens considérables, il tente en vain d’éradiquer les éléments de si Ziane. La tache est difficile.

L’intrusion de belounis en 1956, chassé de Kabylie ou il avait crée un maquis MNA, reste énigmatique et pourtant Le témoignage de certains officiers supérieurs de la wilaya VI est assez crédible. Pourchassé de sa région, Bellounis finit par s’établir à Sidi Aissa, il entre en contact avec Cheikh Ziane et sollicite des armes et de la nourriture. Sur avis de Si El-Haouas, il lui accorda un approvisionnement en nourriture et lui fixa un territoire. Mais le comportement de ses hommes envers les habitants de la région qui se comportent comme en pays conquis est impardonnable.

Après de nombreuses plaintes. Si Ziane confia la mission de pourchasser bellounis à Omar Driss. C’est à partir de là, que commença l’aventure de bellounis le traitre. C’est pour cette raison que les congressistes de la Soumam dépêchèrent une commission d’enquête à l’Aurès et dans les régions Saharienne voisines car, si les dirigeants du FLN au Caire sont intransigeants sur ce sujet de suivre Messali, ceux d’Alger louvoient encore pour gagner du temps. La commission devait certainement récupérer les maquis de deux chefs prestigieux jugés indépendants et les empêchait de tomber dans le Messalisme.

Le congrès de la Soummam se réunit en aout 1956. Probablement inquiet de la situation du commandement confuse aux Aurès et des tentatives d’infiltration du MNA dans la partie sud. Les congressistes prennent deux grandes décisions pour la zone 1 des Aurès et la zone 6 des régions sud. Ils prennent l’initiative de remplacer Si Ziane Achour par Ali Mellah à la tete de la région sud et envoient une commission composée d’Oamrane, Si Cherif et Amirouche dans les Aurès en vue de trouver des solutions à la zone 1. Dans la partie sud de la wilaya 1 , Si El-Haouas fait cavalier seul, tandis que dans la région de Djelfa, Messaad et  Ain-rich, l’organisation de Si Ziane est indépendante du front et que le MNA cherche à y établir son influence. N’ayant pas pris part, Si Ziane contesta certaines décisions du congrès pour n’avoir pas été consulté au préalable. En fait, Cheikh Ziane considérait à juste titre « que les problèmes du Sud étant différents de ceux du nord, cette région était la mieux placée pour dégager des éléments compétents, rompus à la vie dans la région et capables de mener la lutte armée, sans avoir recours aux gens du Nord pour les diriger. »L’évolution que connut par la suite la wilaya 6, lui donneront malheureusement raison.
« En gardant toutefois un élan révolutionnaire » Cheikh Ziane Achour tenta de renouer le contact avec les nouveaux responsables dépêchés par le congrès de la Soumam.

Des témoignages attestent qu’en novembre 1956, Cheikh Ziane s’apprêtait, à une rencontre avec Amirouche et El Haoues à Oued Khalfoun, non loin de Djebel Thameur ou trouveront la mort trois années plus tard - ironie du sort ou calcul sordide - les deux colonels légendaires.
Ainsi donc, Le 07 novembre 1956, Cheikh Si Ziane Achour trouva la mort dans un violent accrochage avec l’armée française à Oued Khalfoune pres de Djebel Thameur. L’organisation politico-militaire qu’il avait tissée dans le vaste territoire de l’Atlas Saharien se fragilisa car elle était faite de « nombreuses petites armées » chacune avec son chef et son caractère, qui ne pouvait être contrôlé que par un grand chef de la trempe de Cheikh Si Ziane. La région connut une crise d’autorité mais heureusement que Omar Driss prit les choses en main. Il resta Fidele à la mémoire de Si Ziane. Il continua la correspondance avec le colonel Mellah. Mais préféra rallier la wilaya 5. Il rencontra le colonel Lotfi, avec lequel il se rend auprès de Boussouf.

Dans le PC de la wilaya 5, à Oujda, Omar Driss, avec son courage, sa sincérité et sa fidélité pour ses amis, défendit avec acharnement Si Ziane, accusé injustement d’intelligence avec Bellounis. Quand à la mission d’Amirouche et d’Ali Malah, Amirouche ne rencontra que Si El-Haoues qui était très politique, qu’il cautionna, lui évitant ainsi d’être liquidé. C’est le futur colonel de la wilaya VI. Apparemment Cheikh Ziane Achour n’a jamais, de 1954 à sa mort en novembre 1956, refusé l’autorité du FLN. Au contraire. Quand à la rébellion contre les contingents de la 3. Ce fut le fait de Cherif Bensaidi, le propre lieutenant du colonel Ali Mellah, le colonel parachuté et cette rebellion s’est produite en grande partie en wilaya 4 suite aux dépassements de ses djounoud et le manque de fermeté de leur chef ! De toute façon, nous ne faisons pas d’amalgame, nous avons un grand respect pour ces combattants, Si Ziane en fut un exemple remarquable en digne fils de Sidi Nail.

Chouiha Abderrahmane/ fondation Sidi Nail

 

De gauche à droite :  Hamed el Atrous, Boukarara Hamed, Tabech Ramdane, Achour si Ziane, Arjani Hamed, Grinett Ali, Gherab Abderahmane

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