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Moussa ben lahcen. L’ultime combat

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Moussa ben lahcen. L’ultime combat

C’est peut être l’article « le seul Egyptien qui combattit en Algérie » qui m’inspira pour écrire sur Moussa ben Hassen et mettre au point quelques détails d’importance. Son ultime combat menait avec les Ouled Nail à Zaatcha. Parce que la Resistance des Zaatcha est d’abord une résistance des Ouled Nail, pour ceux qui ne le savent pas. D’ailleurs leur terres ont été spoliées et données à d’autres qui ont servis la France.

Dans une première période qui s’étend du débarquement de sidi fraj, de la conquête jusqu'à l’année 1852. La France resta coupée complètement du Sahara du fait de la résistance. Il faut toujours se poser la question, pourquoi, comment.  Je ne minimise aucun effort de ceux qui ont fait la résistance au nord de l’Algérie, mais le constat est que cette Algérie du nord, le tell et les hauts plateaux, malgré la résistance, a été conquise en cinq ans. En 1836 Constantine, Annaba, Oran Tlemcen étaient sous domination Française et qu’elle avait crée d’autres corps d’armés, composés d’algériens qui lui permirent de nous briser et de lui faire conquerir le reste du pays. Je ne voudrais pas réécrire l’histoire, mais il y a urgence à revoir notre copie. Et que les événements de l’histoire quelques soit l’habit dont vous les couvrez restent toujours immuables. On peut les cacher un certain moment, mais viendra le jour de leur revendication et alors la vérité se fera jour. La sagesse arabe dit que "le droit ne disparait jamais tant qu’il y a ceux qui le revendiquent".

La route du Sahara était donc bloqée pendant vingt ans et il a fallu faire sauter les deux verrous qui barraient la route, Laghouat et Zaatcha. Le rôle des Ouled Nail est indéniable. Les derniers résistants à Laghouat c’est le Moudjahid Telli ben Lakhal et ses compagnons.

La mémoire des peuples peut être défigurée, pour des causes multiples, les causes sont alors fabriquées, ourdies, complotées, comme se fut le cas pour les ouled Nail et d’autre Nomades, je le conçois. Qui contrarièrent les projets de la conquête et retardèrent de vingt ans la colonisation du Sahara. Cela malgré les appels d’une partie des gens des « Ksours », qui envoyaient des députations et invitaient la France à les protéger contre l’Emir. Les efforts de l’Emir Abdelkader étaient annihilés par les Tijanis et ceux qui les servaient. Les faits sont alors travestis, spoliés mais pas pour toujours, car l’éveil se fera tôt ou tard. Les oueds sortent de leur lit mais les eaux reviennent à leur courant.  Pendant cette période qui a vu la nomination du Khalifa Ahmed Bensalem et de son Agha Nacer ben chohra, déjà en 1838 avant la lettre, c'est-à-dire avant que la France n’arrive dans la région(?) . Les Ouled Nail résistants, ont donné le meilleurs et ont souffert, non seulement de la France qui les a écrasé mais aussi de ceux qui vendent au prix vil l’honneur et le voisinage et veulent maintenant s’accaparer leurs faits d’armes. Les Ouled sidi Nail et il n’y a aucun doute en cela, ont défendu la ville de Laghouat avec leur griffes et leurs ongles et ont donné les meilleurs de leurs fils qui sont restés sous la terre de « Rous el ayoun » et de ses jardins « essafrij » et que leurs « os » blanchissent dans l’oued M’zi. Sous le commandement du Moudjahid Telli ben lakhal.  Et si aujourd’hui personne ne parle de cela, c’est qu’il y a une cause, notre région a souffert et souffre encore d’une phase d’obscurantisme dû à la vengeance des français, touchés dans leur amour propre et leur fierté d’avoir été bloqué pendant si longtemps juste par la bravoure de ces nomades fiers et courageux. C’est cela la cause, l’ignorance et la probité. Tout le monde sait que les mensonges de la France sur cette littérature exotique sont faux (malheureusement reprise par certains pseudo-intellectuels qui font école dans la secte chiite, ne voient pas plus loin que leur bout du nez et trahissent "le pain et le sel et brisent les liens du bon voisinage").  Les ouled Nail ont fortement islamisé la région, alors de là à en faire une tribu d’aborigènes, selon les consideration de votre culture. Loin s’en faut, pour les enfants du prophète, porteur de civilisation et de « la illaha illa allah Mohamed rassoul allah» .

Cette politique calomnieuse a été usité partout ou la France a trouvé de la résistance, en Kabylie d’abord avec les « hajalat » dans la région de Sétif avec les « Omriate » et partout, pour effacer la personnalité et nous classer à la limite de l’humanité. Gautier ne dit-il pas qu’ils ont un « péritoine de chien » en parlant des Kabyles, sauf le respect de dieu.  Que n’ont-ils pas fait pour nous humilier, nous abaisser, nous effacer nous faire disparaitre et malgré cela nous prônons l’oubli et le pardon ( ?). Une caractéristique qu’il faut noter chez les Ouled Nail, ils ne se mettent jamais en groupe pour lutter contre un homme seul (yathamaou) Ils ne trahissent pas leur voisins, ils ne trahissent pas le Sel qu’ils ont pris car le Sel «ya3koull » comme on dit.

 A  Zaatcha qui fut la resistance la plus importante selon les rapports du général Herbillon, le cheikh Bouziane, moqqadem de la tariqa derkaouia, qui fut porteur d’eau à Alger  puis cheikh à Zaatcha, et c’est Moussa ben lahcen et son commando des Ouled si Ahmed, et je dis bien des Ouled Si Ahmed qui sont des Ouled Nail, qui combattirent et résistèrent pendant plus de cinquante jours, qui ont été les derniers résistants et furent dynamités dans leur dernier retranchement. La France a alors exterminée tout le monde, petits et grands même les bébés selon les rapports de l’armée.  La palmerais fut détruite, 72000 palmiers coupés. Un désastre dans toutes les proportions, dont la France s’enorgueillit. C’est un fait d’arme de la grande armée Française contre les nomades armés de méchants fusils à mèches et de yatagans, qui ont résisté pendant 52 jours. Les faits sont rapportés avec fort détails par des dizaines de témoignages, qui rapportent la barbarie et les méthodes brutales et l’instinct bestial de l’armée Française et qui rapportent aussi le combat des retranchés, leur courage, leur bravoure.  Qui étaient-ils et qui était leur meneur, Moussa ben lahcen était né en Egypte, d’un père nommé Ali qu’il perdit avec sa mère. Il vécu orphelin, et fut élevé par son grand père Hassen qui l’enrôla dans les troupes de Mohamed-Ali. Il combattit les arnautes Albanais. Il revint au Caire et se sauva à Tripoli oú il rencontra Mohamed El-Madani. Moussa resta un mois chez ce cheikh qui découvrit son charisme et lui ordonna d’aller vers l’occident en missionnaire. Moussa lui obéit aussitôt et se rendit tète et pieds nus dans le sud du Maroc.  1827-28. Deux ans après, il arrivait à Mascara oú se trouvait le bey Hacen qui le prit pour un espion des Français. Apres trois jours de prison, il rencontra le bey et s’expliqua en turc. Il fut relâché et resta encore vingt jours à Mascara puis se dirigea vers Laghouat ou il s’installa à la mosquée des Ahlaf, une des deux tribus de Laghouat. Il remplit l’office de « moueddine » et il appelait à la prière avec la modulation de l’orient, ce chant plut beaucoup aux gens du pays. Moussa fut toléré à rester. Il eut même deux amis des Ahlaf, il s’agit de Ben Allal et de Abderrahman ben Ali, qui étaient ses uniques adeptes à Laghouat, qui plus tard firent défection et l’abandonnèrent. Ceci l’affecta sérieusement. El-hadj Moussa qui avait ce procédé sur le cœur, épancha son chagrin dans une épitre de quatre vingt pages adressée au cheikh Ben Attia. Il blâmait amèrement cet esprit léger. Il s’en suit un échange épistolaire entre Moussa et le cheikh Attia de Médéa. Moussa ne savait pas lire et faisait écrire ses lettres par le nommé Bel-hadj, mais il avait une large culture religieuse basée sur Sidi Khlil et un charisme hors pair selon le témoignage du mufti de Dellys,  El-Hadj Ben Kara qui fut son proche ami et qui était présent lors du siège de Médéa parmi les « troupes » de Moussa Bou-Hamar. Moussa fut donc chassé par les habitants parce qu'il faisait ombrage et concurrence aux Tidjanis qui ne le supportaient plus. Il se dirigea alors à Messaad, s’installa, se maria et mena un train de vie considérable, selon toujours Hadj Ben-Kara. Les Abbaziz lui restèrent fideles. Sa descendance  dont Moussa ben si Ahmed Lamine ben boubaker ben Moussa, gentil garçon fort simple,  y vit encore avec ses terres et son commerce avec les gens. Le reste est rapporté d’une manière magistrale par l’auteur de l’article « l’unique Egyptien dans la résistance »

Honte à ceux qui s’accaparent la gloire des autres! Qui rendent leurs défaites, leurs démissions, leur collaboration, en victoires ! « que dieu te le pardonne, pourquoi leur as tu permis de rester avant qu’il te fut démontré qu’ils disaient la vérité, et que tu eusses connu les menteurs ? ( Sourate 43 du repentir, taouba).

(*) Pour la fondation Sidi Nail votre serviteur Chouiha Abderrahmane 

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salem ben Hamza 18/10/2016 18:13:06
merci pour l'auteur pour cet éclairage. maintenant on peut revendiquer les restes de nos "Chouhada" la tête haute et les idées claires. bien que s'il y a restitution des "cranes" de nos valeureux guerriers leurs mises en terre se fera au cimetière d'El-Alia pas moins que cela...
merci.
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mohamedi 19/10/2016 11:58:32
je partage avec vous beaucoup de détails ,oui notre région a été bel est bien marginalisée ,mais il ne faut pas insister que sur le passé , vous devez regarder le présent et le future , vos droits comme toutes les régions privilégies de notre pays .....c'est ça le plus important .
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lakhdar 27/10/2016 07:18:21
pour quoi vous dite "vos" droit monsieur mohamedi ?
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azziz 28/10/2016 17:41:42
merci Mr Chouiha, des écrits pareils sont très bénéfiques pour éclairer les esprits. notre histoire est spoliée depuis toujours et les traîtres , ceux qui ont vendu leurs âmes sont nombreux et sont nombreux aussi les ignares qui ne comprennent pas les enjeux et la valeur de l'histoire pour bâtir l'avenir. merci merci
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salem ben hamza 29/10/2016 20:09:16
pour Abdallah,
pour liquider les peuples, on commence par leur enlever la memoire. on detruit leurs, livres, leur culture, leur histoire. puis quelqu'un d'autre leur écrit d'autres livres, leur leur donne une autre culture, leur invente une autre histoire. ensuite le peuple commence lentement à oublier ce qu'il est, et ce qu'il était. et le monde autour de lui l'oublie encore plus vite. Milan Hubl.
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Ouled Naïl, fondation sidi nail, ouled sidi Nail, Zaatcha, Telli ben Lakhal, Moussa Ben Hassan Ederkaoui, Moussa ben lahcen, Ouled Si Ahmed

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