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Pensée: Hamid Nacer-Khodja: 3 ans déjà! Hamid Nacer Khodja- Jean Sénac, ou Le fils fidèle

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Pensée: Hamid Nacer-Khodja: 3 ans déjà!  Hamid Nacer Khodja- Jean Sénac, ou Le fils fidèle

En fuyant dans mes archives, j’ai trouvé  quelques notes d’un interview inédit avec Hamid Nacer Khodja (1953-2016), réalisé pendant des soirées froides de l’hiver 2003, dans son appartement au centre-ville de Djelfa, Alors j’ai décidé pour ce troisième souvenir de sa disparition, de réécrire ces notes, on réorganisant ses fragments,  et de dédier cet article à sa mémoire, et à son absence qui demeure pour nous une présence.

La fidélité est le bon titre de cette courte vie, la vie de Hamid Nacer Khodja, qui nous a quittés il y a trois longues années (16-09-2016), Une vie courte, pour un intellectuel et chercheur érudit, qui lui reste beaucoup à dire. Une vie qui n’est pas commencée en 1953 la date de sa naissance, à Lakhdaria, mais elle s’est commencée à Alger, la date de sa rencontre avec le grand poète Algérien Jean Sénac, «C’est en 1967 que je l’ai rencontré pour la première fois, et j’avais 17 ans», en cette période Sénac était un poète très connu, et animateurs de programmes radiophoniques très répondus, «il avait un programme radiophonique intitulé (poètes dans la cité)». Un programme qui célèbre la vraie poésie, dans une Algérie, qui vient juste de sortir de (la nuit coloniale), une nuit qui a durée, et qu’on ne peut la vaincre, que par la poésie. Nacer était un jeune poète Algérien, qui rêve d’une Algérie indépendante (dans tous les sens du mot), et forte (intellectuellement et industriellement), «ensuite, Sénac avait un autre programme sur les ondes de la radio Algérienne, c’était (Poésie sur tous les fronts), un programme de large diffusion, et suivit par un large public,  et cela pour trois raisons essentielles: la qualité littéraire, l’interprétation et l’introduction musicale». Ce qui marque vraiment dans ce passage de Nacer, c’est que le peuple Algérien aimait, et suivait la poésie, dans tous ses états, et ses langues, mais «ce programme été suspendu en 1971, sans la moindre explication, et Sénac été injustement chassé de la maison qui a été la sienne.», Sénac habitera par la suite une cave dans un grand immeuble, ou il restera jusqu’à sa mort.

Sénac, continuera son combat, on aidant beaucoup de jeunes poètes et romanciers Algériens, tels que: Mohamed Dib, Mouloud Feraoun et Rachid Boudjedra, etc.. «Sénac disait: Si je reste ici en Algérie, c’est pour vous», et dans cette objective, et selon cette vision, Sénac va publier, une Ontologie de la poésie Algérienne, et sera parmi les fondateurs de l’Union des écrivains Algériens, avec Malek Haddad, et Mouloud Mammeri.

En évoquant la relation Camus- Sénac, Nacer confirme que c’était une relation père-fils, «Camus l’appelait mon fils», mais ce fils était rebelle car «c’est l’Algérie qui va séparer cette amitié», Camus va insister sur L’Algérie Française, par contre Sénac, ne changera pas sa position, en confirmant, que L’Algérie est Algérienne. Et malgré ça «Camus n’a jamais relâché son fils, en l’aidant à publier son premier livre «Poèmes» chez Gallimard, avec une introduction de René Char.».

De son côté, ce fils rebelle a publié «dans sa revue (Soleils) le texte de Camus (L’homme révolté), et le texte complet du (Retour à Tipaza) de Camus dans sa revue (Terrasses).», ce fils rebelle dont on ne retient de lui –Malheureusement-  que «Sénac le militant», et un total silence, sur les autres côtés, de sa personnalité multiple, un «silence qui est synonyme d’ignorance» et de négligence. Sénac lui-même était conscient de cette situation,  et il n’a cessé de dire: «quoique je dise, quoique je fasse, je reste pour beaucoup d’Algériens, cette éternel Gaouri», ce Gaouri qui été aussi conscient et sur, qu’il aura une fin tragique, et l’ignorance va l’égorger par ses griffes disait à Nacer: « je mourrais assassiné comme Lorca».

Nacer, le fils fidèle, va prendre le flambeau, et continuera le chemin, on ressuscitant Sénac. Il va publier avec une présentation de lui et de René de Ceccaty «l’ensemble de ses œuvres poétique inédites, et autres textes refusés politiquement et dans la critique, sous le titre de (Pour une terre possible).»,  ce livre a été publier aux éditions Acte Sud en France en 1999. Ensuite, il consacra une thèse de Diplôme approfondi dans la littérature sur la relation Camus- Sénac, «Albert Camus – Jean Sénac ou le fils rebelle, sous la direction de Guy Dugas, et une thèse de Doctorat à l’université Paul Valéry-Montpellier III, dont le thème était (Jean Sénac, critique) sous la direction du même professeur Guy Dugas, et cette thèse sera publier par les éditions El-Kalima, à l’occasion du 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, sous le titre de Jean Sénac, critique Algérien, où Guy Dugas résume dans sa préface, et plus exactement dans les pages 14-15 tout ce que nous voudrions dire ici, parlant à Nacer on disant: «C’est ainsi, en grande partie grâce à toi, à cette première thèse, à tes travaux d’éditions: pour une terre possible, poèmes et autres textes inédits (Marsa 1999), Visages d’Algérie, Ecrits sur l’art (Paris Méditerranée-Edif 2000, 2002), et d’analyse: Albert Camus- Jean Sénac ou le fils rebelle (Paris Méditerranée-Edif 2000, 2004), Sénac chez Charlot (Domens, 2007) qui la prolongent, que l’audience de Jean Sénac est passée d’un petit cénacle de fidèles et de fervents à de larges échos sur les cinq continents..».

On peut continuer sur la même lignée en convoquant ce qui a écrit son ami Abdelmajid Kaouah suite à son décès dans Le Soir d’Algérie du: 18/09/2019, page 13 «Durant bien des années, dans sa course contre la maladie et la mort, H. Nacer-khodja nous a laissé Jumeaux, un ultime et grave récit plein d’accents autobiographiques ou se mêlent humour, dérision et introspection sur fond de discours social critique.».

Youcef Merahi, le romancier et poète, écrivait suite au décès de Nacer, sur les colonnes du Journal Le soir d’Algérie, dans son coin hebdomadaire (Tendances), le 21/09/2019, sous le titre de «Lettre à Hamid Nacer-Khodja»: «Et alors! Il ne faut pas cesser d’écrire. La poésie est la lumière du cœur, disais-tu. Qui d’autre que toi pourrait avouer cette vérité? Il n’y a que toi! Toi l’Etre de Lumière!».

Hamid Nacer Khodja, dont le nom figurait dans le testament de Jean Sénac, était le fils qui a resté fidèle à (son père) jusqu’aux dernières moments de sa vie, une rare fidélité humaine, académique et intellectuelle, ce grand est éteint  le 16 septembre 2016.

(*) Abdelkader Homida : Maitre de conférence- Université Ziane Achour- Djelfa.

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Mots-clés:

Djelfa, Hamid Nacer-Khodja, Jean Sénac, Albert Camus

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