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Mondialisation, élites et réseaux sociaux

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Mondialisation, élites et réseaux sociaux

Les opinions en Occident (ancien et nouveau) sont présentement traversées par des courants contradictoires : libérales voire ultralibérales en économie, couplées à un conservatisme sociétal marqué par une certaine affirmation identitaire.

L’expression de cet état de fait s’explique par-delà les causes liées à la crise économique par plusieurs facteurs :

La mondialisation marque le pas ?

1. La mondialisation marque le pas. Certains y voyaient une opportunité, alors que pour d’autres elle représentait un risque. Il reste, qu’aujourd’hui, elle est décriée par une partie de la population, notamment la plus vulnérable. Elle considère qu’elle est à l’origine des pertes d’emplois dans leur région et la juge comme destructrice des liens sociaux et du vivre ensemble dans leur société.

2. Une certaine réserve par rapport à l’offre des candidats sortants alors que les promesses et les engagements électoraux ont été tenus par de nombreux gouvernements. À preuve, aux États-Unis où la croissance est au rendez-vous depuis trois ans, la candidate soutenue par l’équipe sortante n’a pas été élue.

3. Le discours politique est aphone, il ne passe plus, il s’auto-entretient sans avoir prise sur les attentes des catégories ordinaires et leurs préoccupations quotidiennes. C’est la conséquence de la perte de crédibilité du discours officiel qui n’offre que peu de clés pour régler les problèmes des gens ordinaires, ni une grille pour comprendre le monde où ils vivent.

4. Le découplage de certains médias et l’élite politique par rapport à la réalité aggrave la coupure dirigeants et dirigés ! Certains médias décrivent la vie des gens mais la connaissent peu. Les politiques parlent de la vie des petites gens mais ne la vivent pas.

5. Face à ce vide, on assiste à la montée des médias alternatifs et des réseaux sociaux. Le citoyen essaie de comprendre le monde et vit sa vie tout en se forgeant des convictions personnelles sur le vécu face à une information surabondante et parfois fragmentée, développée par les médias alternatifs et notamment ceux transitant par la toile. La surinformation, face au flux continu de nouvelles, désoriente une grande majorité des électeurs et des électrices obnubilés par l’instant.

6. Le numérique transhumant et l’internet détaché des territoires amplifient le phénomène et ajoutent au dérèglement des opinions en quête de nouvelles aspirations. Le désarroi des citoyens est plus que perceptible aujourd’hui face à cette vague répétitive de flux d’informations qu’aggrave la posture équivoque des politiques et des organes de sondage et des « régulateurs d’opinions ».

Un nouveau discours !

Dans ce contexte, le discours clivant et maximaliste qui s’appuie sur l’audience et le « buzz », l’emporte sur le discours politique raisonné et pondéré.

Aussi logiquement, l’offre politique de nombreux candidats se concentre sur les sujets jugés fondamentaux (la sécurité, l’émigration, l’identité, la politique économique protectionniste…). Ces thématiques sont porteuses de succès électoraux par les candidats qui les adoptent, les développent et les chevauchent.

Selon certains observateurs, cette toile de fond explique en partie les résultats du référendum sur le Brexit et des dernières élections en occident. Ces rendez-vous électoraux sont toujours, selon ces mêmes observateurs, annonciateurs d’une montée d’un nouveau mode d’informer et de penser.

La fin d’un cycle ?

Plus largement, ils y voient une crise qui clôture un cycle long qui a vu successivement s’alterner dans l’ordre : une période d’innovations liées au numérique, une période de prospérité et d’ouverture dans un monde globalisé, suivie d’une euphorie boursière ponctuée par la crise financière de 2008 et enfin le retour au terme de ce cycle de la crise qui amplifie les crispations sociales.

Ainsi, à la faveur de ce cycle long et des périodes qui le structurent, apparaissent de nouveaux modes de penser, de vivre, de communiquer et d’informer. Ces modes bousculent l’ordre établi et se libèrent de l’establishment ancien. C’est un changement de temps et de valeurs dans ce monde interconnecté, multipolaire et polycentrique où les lignes géopolitiques bougent sans cesse, où les conflictualités sont devenues aujourd’hui plus que jamais imprévisibles et où la conjoncture prend le pas sur l’Histoire.

(*) Cherif Rahmani est Ambassadeur des désert et des terres arides (Convention des Nations unies pour la lutte contre la désertification), président de la Fondation des déserts du monde, ancien ministre.

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Algérie 23/12/2016 01:45:05
Attention à la désinformation sur les réseaux sociaux, il y en a beaucoup, vérifiez l’information dans plusieurs sources reconnues comme «sérieuses»
total: 1 | Affiché: 1 - 1

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Mots-clés:

mondialisation, Le discours politique, réseaux sociaux, Cherif Rahmani

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